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Le coronavirus, un événement « cygne noir »

Le coronavirus, un événement « cygne noir »

Au tournant de la nouvelle décennie, les stratèges de Charles Schwab et de Deutsche Bank, deux firmes d’investissement bien établies, ont fourni leur liste des principaux risques pouvant nuire aux marchés boursiers au cours de la prochaine année.

En voici un aperçu :

  • Le retour de l’inflation;
  • Un conflit géopolitique;
  • La saga du Brexit qui se termine mal;
  • Des conditions de crédit qui se détériorent;
  • Un krach immobilier en Australie, au Canada et en Suède;
  • Un résultat surprise lors de la prochaine élection présidentielle américaine;
  • Un important ralentissement économique pour la Chine, l’Europe et le Japon;
  • Le climat d’incertitude qui persiste en ce qui a trait à la guerre commerciale sino-américaine;
  • Une règlementation accrue pour les géants de la technologie comme Amazon, Facebook et Google.

Comme vous l’avez sûrement constaté, l’épidémie du coronavirus ne faisait pas partie de cette liste.

C’est normal, car c’est un événement « cygne noir », concept proposé par le philosophe et mathématicien Nassim Nicholas Taleb, qui s’est inspiré d’une histoire datant du 17 e  siècle. À l’époque, les Européens croyaient que tous les cygnes étaient blancs puisque personne n’avait vu de cygne d’une autre couleur. Eh bien, lors d’une expédition en Australie, des explorateurs allemands devinrent les premiers Européens à voir un cygne noir…

M. Taleb décrit donc ce terme comme un événement imprévisible dont la probabilité d’occurrence est impossible à calculer et qui, lorsqu’il se réalise, a des conséquences d’une portée considérable et exceptionnelle. À titre d’exemple, nous pouvons citer la Première Guerre mondiale, la chute de l’URSS, les attentats du 11 septembre et, bien sûr, l’épisode du coronavirus en 2020. Au moment d’écrire ces lignes, on compte plus de 3 000 décès et quelque 100 000 personnes infectées.

Étant donné notre incapacité à prédire ce type d’événement, en gestion de portefeuille, je vous recommande deux stratégies fort simples. La première est de concevoir un portefeuille bien diversifié sur le plan des titres, des secteurs, des styles de gestion, des catégories d’actifs et des régions géographiques. La deuxième est d’instaurer un plan d’investissement systématique qui consiste à investir de façon automatique la même somme d’argent à une fréquence régulière dans ce même portefeuille. Ainsi, face à un événement comme l’épidémie du coronavirus, votre portefeuille sera alors mieux immunisé…

Sources :
Jeffrey Kleintop. Top Ten Global Risks For Investors in 2020. Charles Schwab, Market Commentary, 6 janvier 2020.

Nassim Nicholas Taleb. The Black Swan : The impact of the Highly Improbable, Penguin, 2008.

Yun Li. Here are the biggest risks to the financial markets in 2020. CNBC, 10 novembre 2019.

Le cocktail DOS : la clé d’une conversation mémorable

Le cocktail DOS : la clé d’une conversation mémorable

Imaginez que vous vous présentez à une activité de réseautage et que vous tombez sur un ami de longue date. Vous entamez alors la discussion :

— « Hey, ça fait longtemps, comment vas-tu? »

— « Ça va bien, et toi? »

— « Oui, je vais bien. Je suis pas mal occupé avec mon travail et pour le reste, rien de spécial. Et toi, qu’est-ce que tu deviens? »

— « Je suis représentant pharmaceutique et puis je suis nouvellement divorcé après 20 ans de mariage… »

Ouch!

Vous pensez sûrement comme moi que cette conversation ne passera pas à l’histoire…

Le problème est que l’on se met en mode pilote automatique lorsque vient le temps de discuter avec un ami que l’on a perdu de vue ou avec un inconnu. En effet, on a souvent recours à des questions usuelles comme « qu’est-ce que tu fais dans la vie? », « d’où viens-tu? » ou « as-tu des enfants? ».

Voilà pourquoi il est grand temps d’avoir des conversations plus intéressantes et, pour ce faire, rien de mieux que de miser sur la science du comportement humain. À cet égard, Vanessa Van Edwards, l’auteure de l’excellent livre Captivate, nous invite à stimuler chez l’autre la sécrétion de dopamine, d’ocytocine et de sérotonine (DOS). Ce sont des neurotransmetteurs, c’est-à-dire des substances chimiques libérées par les neurones pour communiquer avec d’autres neurones. Voici brièvement leur utilité :

Dopamine : elle procure un sentiment de bien-être lors d’une expérience agréable comme la joie associée à l’argent, la nourriture, le sexe ou à la consommation de drogue. C’est pour cela qu’on la surnomme « hormone du plaisir ».

Ocytocine : connue sous le nom d’« hormone de l’attachement », elle contribue à augmenter notre degré d’empathie, à favoriser une relation de confiance mutuelle et à accroître le plaisir découlant d’une interaction sociale par l’intermédiaire, notamment, de marques d’affection et de paroles bienveillantes.

Sérotonine : elle est souvent appelée « hormone du bonheur », car elle a une grande influence sur notre humeur en favorisant le calme et la stabilité émotionnelle.

Voyons maintenant comment mettre tout cela en pratique.

D’entrée de jeu, on cherche à établir une connexion émotionnelle. Selon votre lien de proximité avec la personne, un contact physique approprié (accolade, bise, poignée de main) augmente le niveau d’ocytocine. En règle générale, dans un contexte d’affaires, on serre la main de quelqu’un pour le saluer.

Comme le taux de dopamine est accentué lorsqu’on passe un moment agréable, l’objectif est de faire décrocher un sourire à l’interlocuteur. Faire un compliment authentique et sincère est un moyen très efficace d’y parvenir. Selon le CARLA (Center for Advanced Research on Language Association), il existe trois catégories de compliments : apparence/possessions, performance/habiletés/compétences et traits de personnalité. Voici quelques exemples pour chacun de ces types :

Apparence/possessions : ta cravate est vraiment belle; j’adore ta nouvelle voiture.

Performance/habiletés/compétences : tu as fait de l’excellent travail dans ce dossier; tu t’exprimes dans un français impeccable.

Traits de personnalité : tu es gentille de faire du bénévolat; tu as une très belle écoute.

Enfin, pour libérer davantage de sérotonine, le simple fait de laisser paraître votre vulnérabilité en demandant conseil ou de l’aide s’avère utile.

Maintenant, reprenons l’exemple du début en appliquant les concepts appris dans cet article.

Tu approches ton ami de longue date et tu lui donnes une accolade. (contact physique/ocytocine)

— « Hey, ça fait longtemps, tu as l’air très en forme et, surtout, tu n’as pas changé! » (compliment de type apparence/dopamine)

— « Oui, j’ai conservé le même poids grâce à la course à pied. »

— « Ah oui, est-ce que tu cours des marathons? »

— « Oui, depuis plus de 10 ans. »

— « Wow! Bravo, c’est tout un exploit. » (compliment de type performance/dopamine)
« C’est justement mon objectif d’en courir un cette année. Quel serait ton meilleur conseil pour que j’y parvienne? » (demander conseil/sérotonine)

Et puis, avez-vous vu la différence?

Si oui, lors de votre prochaine activité de réseautage, au lieu d’échanger des banalités, offrez plutôt le cocktail DOS à votre interlocuteur pour avoir des conservations mémorables et, qui sait, décrocher un nouveau contrat!

Source :
Vanessa Van Edwards. Captivate : The Science of Succeeding with People. Portfolio, Reprint
edition, 2018.

Une leçon à l’image d’Alex Ovechkin

Une leçon à l’image d’Alex Ovechkin

Le 22 février dernier, Alex Ovechkin, la superstar des Capitals de Washington, a inscrit son 700 e  but en carrière après avoir dirigé 5519 lancers vers les cages adverses. Cela veut dire que son taux de réussite n’a été que de 13 % !

Son objectif est uniquement d’effectuer des tirs au but sur une base régulière, car le succès réside dans la loi des grands nombres. Plus il lance souvent la rondelle au filet, plus les chances sont élevées qu’il marque un but. D’ailleurs, parmi les joueurs toujours actifs, il domine la catégorie du plus grand nombre de lancers au but.

Nous devons donc prendre exemple sur Alex Ovechkin lorsque vient le temps, notamment, de rédiger des articles, d’inventer des blagues, de générer de nouvelles idées ou de faire des activités de prospection. C’est en misant sur la quantité que la magie opère. Comme dirait Wayne Gretzky, le meilleur pointeur de l’histoire de la Ligue nationale, 100 % des choses qu’on ne tente pas échouent…

Et puis, avez-vous respecté vos résolutions du Nouvel An?

Et puis, avez-vous respecté vos résolutions du Nouvel An?

Comme la majorité des gens, vous avez sûrement pris quelques résolutions à l’aube de la nouvelle décennie. Et puis, les avez-vous respectées jusqu’à maintenant? Si la réponse est non, ne vous en faites pas, car il est reconnu que 80 % des résolutions prises en début d’année sont abandonnées à la mi-février. Mais qu’est-ce qui explique un taux d’échec aussi élevé?

Malgré notre motivation et notre compréhension des bienfaits futurs liés à une résolution, nous avons de la difficulté à composer avec l’inconfort psychologique découlant du nouveau comportement à adopter (cesser de fumer, se mettre en bonne forme physique, réduire sa consommation de sucre) ainsi qu’avec les facteurs qui nous éloignent de notre objectif (Netflix, les réseaux sociaux, le manque de temps). Pour mettre en application nos résolutions, la psychologue Gabriele Oettingen propose l’acronyme WOOP. Voici de quoi il en retourne :

Wish : exprimer un souhait
Outcome : préciser un objectif concret et réalisable
Obstacle : s’intéresser aux principales embûches qui pourraient mener à l’échec de l’objectif
Plan : élaborer un plan d’action en précisant les stratégies de mise en œuvre

Maintenant, voici comment cette stratégie s’applique dans la réalité. Je rêve de courir un marathon (Wish). Je me fixe donc l’objectif de m’inscrire à un club de course (Outcome). Pour
faire preuve d’assiduité, je visualise les obstacles potentiels (Obstacle), ce qui me permet de faire face à toute éventualité (Plan). Par exemple, en fin de journée, je suis conscient que ma
motivation est moins grande à cause de la fatigue. Je demande donc à un ami de m’accompagner au club de course, me forçant ainsi à être discipliné.

Sans contredit, l’étape 3 du WOOP est cruciale pour tenir vos résolutions. En vous projetant dans l’avenir pour réfléchir aux obstacles possibles, vous serez en mesure de vous préparer en conséquence, augmentant ainsi vos chances de réussite. Pour ceux qui doutent encore de la pertinence de la technique WOOP, laissez-moi vous raconter une anecdote.

En 2008, lors des Jeux olympiques de Pékin, le nageur américain Michael Phelps a remporté la médaille d’or et a établi un nouveau record du monde au 200 mètres papillon, et ce, avec les lunettes remplies d’eau! Eh oui, durant le dernier droit de la course, il ne voyait rien! Après la course, un journaliste lui a demandé ce qu’il avait ressenti en nageant à l’aveugle, ce à quoi il a répondu ceci : « Je me suis senti exactement comme je l’avais imaginé ». En effet, il s’était déjà exercé à nager dans le noir et, à plusieurs reprises, il avait visualisé cette
possibilité de compétitionner avec un problème de lunettes. Si cela a été utile pour le plus grand nageur de tous les temps, ça l’est sûrement pour vous aussi!

Sources :
Gabriele Oettingen. Rethinking Positive Thinking: Inside the New Science of Motivation. Current,2015.
Joseph Luciani. Why 80 Percent of New Year’s Resolutions Fail. U.S. News. 2015.
Peter Hollins. Mind Over Matter: The Self-Discipline to Execute Without Excuses, Control Your Impulses, and Keep Going When You Want to Give Up, PH Learning, 2019.

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