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Tout est une question d’attentes

Tout est une question d’attentes

Aujourd’hui, je célèbre mon 46e anniversaire de naissance.

N’ayez crainte, l’objectif de cette publication n’est pas de quêter des mentions « j’aime » ou des messages d’amour et d’amitié, mais bien de rappeler l’importance de gérer ses attentes dans la vie.

De nombreuses études démontrent que la courbe du bonheur a la forme d’un U. Au début de la vingtaine, nous surestimons notre degré de satisfaction futur à l’égard de la vie (rencontrer l’âme sœur, avoir une carrière florissante, trouver la maison de ses rêves, etc.), ce qui a pour conséquences qu’en milieu de vie (entre 45 et 49 ans), nous nous rendons compte que nos attentes étaient trop élevées ou qu’après avoir obtenu ce que l’on désirait, nous ne sommes pas nécessairement plus heureux. En effet, l’être humain en veut toujours plus. Toutefois, à partir de la cinquantaine, nous ajustons nos attentes en fonction de notre réalité et, surtout, nous apprécions davantage ce que nous avons, justifiant ainsi la reprise de la tendance haussière de la courbe du bonheur.

Bien entendu, il va sans dire que ce concept ne touche pas tout le monde de la même manière. Selon ce qui précède, mon degré de bonheur devrait être à son plus bas niveau; or, ce n’est pas le cas. Pour garder un degré de bonheur élevé, au plan professionnel, je m’efforce de gérer adéquatement mes attentes en portant une attention particulière aux éléments sur lesquels j’exerce un certain contrôle.

En effet, j’accepte pleinement le fait, entre autres, que je n’ai aucune emprise sur la réaction des participants à une visioconférence, sur l’accueil que recevra mon livre, sur l’intérêt d’un client potentiel à faire affaire avec moi ou sur votre appréciation de ce billet… En procédant ainsi, j’optimise l’équation du bonheur proposée par l’excellent blogueur financier Morgan Housel : le bonheur = la réalité – les attentes.

Pour ma fête, je vous invite donc à vous faire ce cadeau d’une bonne gestion des attentes puisque le bonheur se trouve dans la réalité du quotidien…

Source: Jonathan Rauch. The Happiness Curve: Why Life Gets Better After 50, Picador, 2019.

 

Le pouvoir de la procrastination

Le pouvoir de la procrastination

Le 28 août 1963, le pasteur et militant américain Martin Luther King Jr. a prononcé un discours inspiré devant plus de 250 000 personnes lors de la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté. Il exigeait la fin du racisme aux États-Unis et revendiquait l’égalité des droits civiques entre les Blancs et les Afro-Américains. Sans contredit, son allocution intitulée « J’ai un rêve » est considérée comme l’un des événements les plus marquants du 20e siècle.

Pour s’y préparer, les jours précédents, Martin Luther King Jr. a sûrement investi de nombreuses heures de travail pour peaufiner son texte et pratiquer sa lecture à voix haute. Selon Adam Grant, l’auteur du livre Originals : How Non-Conformists Move the World, il paraîtrait que non. En effet, lorsqu’il attendait patiemment son tour, il s’affairait à réviser et à modifier la structure de son contenu. De plus, l’idée de la fameuse expression « J’ai un rêve » lui est apparue une dizaine de minutes après le début de son discours ! La procrastination lui aurait donc bien servi, ce qui semble contre-intuitif.

Comme vous le savez, dans notre société actuelle, la procrastination a mauvaise presse – la tendance à remettre constamment à plus tard est malsaine et nuit à la productivité et à la gestion du stress. Or, comme je l’ai mentionné précédemment, la procrastination peut générer des élans d’inspiration et de créativité. Ainsi, Jihae Shin, professeure à l’Université du Wisconsin, a testé cette hypothèse en menant une expérience fort intéressante.

Tout d’abord, elle a informé un groupe d’individus de son intention de recueillir leurs suggestions d’amélioration pour une entreprise. La moitié des participants devaient soumettre immédiatement leurs idées, tandis que les autres l’ont fait seulement après avoir joué au solitaire ou au démineur pendant cinq minutes. Par le simple fait d’avoir retardé quelque peu leur contribution, ces derniers ont proposé des recommandations jugées 28 % plus créatrices. En effet, il est reconnu que notre cerveau continue de travailler sans que nous en soyons conscients, ce que l’on appelle la phase d’incubation. C’est ce qui explique pourquoi la procrastination peut être bénéfique. D’ailleurs, avez-vous remarqué que vos éclairs de génie se produisent souvent lorsque vous prenez votre douche, un café ou après une bonne nuit de sommeil ?

En juin dernier, j’ai fait part d’un contrat de rédaction dont la date d’échéance était la mi-juillet. En fin de compte, je viens de le terminer puisque j’ai procrastiné…Néanmoins, j’ai l’impression que ce temps additionnel m’a permis d’entreprendre ce projet d’écriture avec une perspective différente et une plus grande créativité ! J’ai d’ailleurs très hâte de vous le partager dans les prochaines semaines ! D’ici là, profitez du pouvoir de la procrastination pour réaliser vos projets qui vous tiennent à cœur, car, vous aussi, vous avez des rêves !

L’erreur est humaine

L’erreur est humaine

Pour souligner la nouvelle saison de la NFL qui débutera bientôt, je souhaite rendre hommage à Jim Marshall, ancien joueur défensif étoile des Vikings du Minnesota et auteur d’un des moments sportifs les plus embarrassants.

Le 25 octobre 1964, Jim Marshall récupère un ballon égaré et s’échappe sur 66 verges vers sa propre zone de buts. Une fois rendu, il lance le ballon dans les airs croyant avoir marqué un touché. Sa gaffe a plutôt permis aux 49ers de San Francisco d’inscrire deux points supplémentaires! Heureusement, les Vikings du Minnesota ont tout de même remporté la victoire.

Ce n’est pas la situation qui importe, mais la réaction

Avec un stade rempli au maximum de sa capacité et des millions de téléspectateurs, Jim Marshall aurait pu s’effondrer mentalement après avoir commis cette erreur. Selon le psychologue David Burns, l’étiquetage est une forme extrême de généralisation. À la suite d’une erreur ou d’un événement négatif, la personne se juge en utilisant des étiquettes telles que « Je suis un imbécile », « Je ne vaux rien » ou « Je suis un perdant ». Il va sans dire que de tels jugements minent l’estime de soi, affectent l’humeur et génèrent de l’anxiété.

Toutefois, au lieu de tomber dans ce piège, Jim Marshall a adopté la bonne attitude en admettant son erreur et en relativisant la situation :

« It was tough when it happened. I took my football career very seriously and to make a mistake, of course, it’s something that you don’t want on your resume. But mistakes happen. There a lot of mistakes made in games. That one just happened to be more visible than some of the others. But the name of the game is to win, and we did. »

Malgré cet événement isolé, Jim Marshall a connu une brillante carrière avec quatre participations au Super Bowl et deux invitations au match des étoiles, en plus d’établir des records de longévité qui ont tenu pendant plusieurs années.

« Investir à la Bourse, c’est simple, mais pas facile. »

— Warren Buffett

 

Pour faire un parallèle avec la Bourse, beaucoup de gens aspirent à gérer eux-mêmes leur argent. À première vue, ce rêve est possible. Tout d’abord, les barrières à l’entrée sont faibles : l’achat d’un ordinateur, une connexion Internet, l’ouverture d’un compte, un système transactionnel et un petit capital suffisent. De plus, la formation requise est très accessible et peu coûteuse.

Cependant, pour ceux qui tentent l’aventure, il est reconnu que la majorité d’entre eux perdent leur investissement initial dans les six premiers mois. Une mauvaise gestion émotionnelle en est souvent la principale cause : refus d’accepter une transaction perdante, besoin d’avoir raison, désir d’avoir l’emprise sur le résultat, etc.

Pour avoir du succès, il est primordial de reconnaître que l’erreur est humaine et de tirer des leçons de chaque situation. Il faut notamment éviter de se donner des étiquettes négatives qui mineront notre confiance en soi et qui, par le fait même, nous pousseront à prendre de mauvaises décisions. Le savoir et le savoir-faire sont des éléments clés de la réussite. Or, on tend à sous-estimer l’importance de la portion savoir-être dans l’équation.

Sources

David Burns, Être bien dans sans peau. Les éditions Héritage inc., 2005.

Alex Perrichet, The Wrong Way Run de Jim Marshall, Touchdown actu.com, 7 décembre 2013.

Chris Tomasson, Vikings: 50 years later, Jim Marshall’s wrong-way run remains an NFL classic, Pioneer Press, 18 octobre 2014.

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