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L’état d’esprit de « donneur »

L’état d’esprit de « donneur »

J’aimerais commencer en vous faisant une confidence : chaque fois que je prends la parole en public, je suis extrêmement stressé.

En effet, je suis angoissé à l’idée de dire une niaiserie, de bafouiller ou d’être ennuyeux. Cet état anxiogène est la conséquence directe d’un perfectionnisme excessif et, surtout, d’un profond désir de faire l’unanimité. J’ai donc besoin d’applaudissements et d’éloges aux fins de validation externe, sans quoi je suis malheureux.

Cela va de soi que cette façon de penser est malsaine et je consacre donc beaucoup d’efforts et d’énergie pour y remédier. À cet égard, j’ai suivi une formation en ligne intitulée The Art of Presenting, donnée par le conférencier Simon Sinek. Aujourd’hui, je vous fais part du principal apprentissage que j’en ai tiré :

Ce n’est pas à propos de moi, mais bien à propos d’eux.

Si mon seul objectif est de bien paraître en évitant les faux pas, je cultive alors un état d’esprit de « preneur » (taker mindset), en ce sens que je cherche à obtenir quelque chose en retour de ma prestation (p. ex., la renommée, l’approbation sociale, la vente de livres, l’obtention de contrats de formation). En accordant autant d’importance à mon ego, je ressens évidemment énormément de pression sur mes épaules lorsque vient le temps de m’exprimer en public.

La solution passe donc par un état d’esprit de « donneur » (giver mindset). L’objectif est de mettre l’accent sur l’intérêt des autres en étant authentique, inspirant et en partageant mes connaissances sans retenue. En procédant ainsi, c’est l’auditoire qui tire profit au maximum de l’expérience plutôt que moi qui cherche à tout prix à me faire valoir.

Sans contredit, ce changement d’état d’esprit m’a grandement aidé à rendre plus agréable ma prise de parole en public. De plus, cela a confirmé cette phrase un peu clichée, mais tellement vraie : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir »!

 

Crédit image : Depositphotos

 

Les bons côtés de tirer à pile ou face

Les bons côtés de tirer à pile ou face

Saviez-vous que lorsque vient le temps de prendre des décisions telles que cesser de fumer, déménager, quitter son emploi ou s’ouvrir un compte sur une application de rencontres, vous pouvez tirer à pile ou face pour vous aider à faire un choix?

Dans le cadre d’une expérience, face à un dilemme, plus de 20 000 participants ont remis leur sort entre les mains d’une pièce de monnaie virtuelle (ceux qui tirent le côté pile effectuent le changement, ceux qui tirent le côté face ne font rien).

Par la suite, l’économiste Steven Levitt a effectué des suivis afin de confirmer que le changement avait eu lieu pour ceux ayant tiré le côté pile et de mesurer le degré de bonheur de l’ensemble des sujets. Voici un aperçu des principales conclusions :

  • Les participants ayant tiré pile étaient 11 % plus enclins à opérer un changement;
  • Comparativement à ceux qui ont maintenu le statu quo (côté face), ceux qui ont procédé à un changement ont obtenu en moyenne un score supérieur de 0,48 point sur l’échelle du bonheur de 0 à 10;
  • Les sujets qui ont provoqué un changement d’importance (demander un divorce, se lancer en affaires) ont gagné en moyenne 2,2 points de plus sur l’échelle du bonheur par rapport à ceux qui ont effectué un changement moindre (se faire pousser la barbe, se faire tatouer).

Mais ce n’est pas tout, d’après Friederike Fabritius et Hans Hagemann, auteurs du livre The Leading Brain : Neuroscience Hacks to Work Smarter, Better, and Happier, une joute de pile ou face s’avère efficace pour trancher entre deux options jugées équivalentes puisqu’elle permet d’écouter votre intuition!

D’une part, lorsque vous lancez la pièce de monnaie, il est possible que votre petite voix intérieure se dévoile en vous indiquant clairement son penchant pour l’un des deux côtés. Par exemple, « j’espère vraiment que cela tombe sur pile! ».

D’autre part, il est conseillé de porter une attention particulière à votre réaction initiale après avoir obtenu le résultat, une autre manifestation de votre intuition. À titre d’exemple, vous répondez : « Génial, cela confirme ce que je pensais! » ou : « Ouin, cela ne compte pas, c’était simplement un essai de pratique… ».

Alors, la prochaine fois que vous serez indécis quant à une décision, faites preuve d’audace en tirant à pile ou face. Comme vous avez pu le constater, il y a de bons côtés à procéder ainsi!

 

Sources :

Jeff Haden (2018). How Flipping a Coin Can Actually Help You Make Smarter Decisions, Backed by Science. Inc., 7 mars.

Steven Levitt (2016). Heads or Tails:  The impact of a coin toss on major life decisions and subsequent happiness. National Bureau of Economic Research, Working Paper 22487.

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La surprenante contribution de la chance

La surprenante contribution de la chance

Supposons que vous êtes le fondateur d’une entreprise et que la situation financière de cette dernière est à ce point précaire que vous prenez l’avion pour Las Vegas afin d’y jouer tout l’argent disponible dans le compte de banque au black jack. Bien entendu, d’un point de vue rationnel, cette décision serait perçue comme étant très douteuse…

Pourtant, c’est ce qu’a fait Frederick Smith, le fondateur de FedEx! À ses débuts dans les années 1970, à un certain moment, l’entreprise n’avait pas la liquidité nécessaire pour ravitailler en essence sa flotte d’avions. M. Smith a alors vidé le compte de banque (5000 $) et a joué le tout pour le tout au black jack dans un casino de la capitale mondiale du divertissement. Heureusement, son audacieuse initiative a porté ses fruits. En effet, il a gagné 27 000 $, une somme d’argent tout juste suffisante pour couvrir les frais opérationnels d’une semaine, sauvant du coup FedEx d’une faillite certaine.

Dans le monde des affaires, il est rare qu’un entrepreneur donne autant de crédit à la bonne fortune pour expliquer son succès. D’habitude, on préfère valoriser des traits de caractère tels que l’ambition, la confiance en soi, la passion ou le leadership. Que cela vous plaise ou non, le facteur chance peut influer considérablement sur la probabilité de réussite.

La bonne nouvelle est que nous avons un certain pouvoir sur cet aspect. À ce sujet, le neurologue James H. Austin présente les quatre types de chance dans son livre Chase, Chance, and Creativity: The Lucky Art of Novelty. En voici une brève description :

1- Le fruit du hasard. C’est la sorte de chance qui nous est la plus familière, par exemple de remporter le gros lot ou de sortir indemne d’un grave accident. Habituellement, nous n’avons qu’un contrôle faible, voire nul, sur son occurrence.

2- La chance qui est le résultat d’une action soutenue. D’après ce principe, plus j’écris d’articles, plus les chances sont grandes que mes articles soient de grande qualité, ou même inoubliables. Par exemple, Jonah Berger, professeur en marketing à l’Université Wharton, nous rappelle que le réputé artiste Pablo Picasso a créé quelque 1 200 sculptures, 1 800 peintures, 2 800 céramiques et 12 000 dessins!

3- La chance est la rencontre de la préparation et de l’opportunité. À l’automne 2019, j’ai publié Pile et face : combiner raison et émotion pour réussir en Bourse. J’ai été en mesure de vendre un nombre appréciable de copies pour la simple et bonne raison que le contexte pandémique a généré une forte volatilité des cours boursiers et, par ricochet, a fait augmenter considérablement le degré de nervosité chez l’investisseur. Il est bon de rappeler que mon ouvrage traite justement de l’importance du comportement humain à la Bourse…

4- La chance ne sourit qu’à toi. Avez-vous l’impression que certaines personnes semblent avoir tout ce qu’elles désirent, et ce, sans le moindre effort? Cela s’expliquerait par le fait qu’elles possèdent un ensemble d’attributs distinctifs qui les rendent uniques en leur genre. Que ce soit une personnalité attachante, une expertise de pointe ou une réputation enviable, elles n’ont d’autre choix que d’attirer l’abondance.

Je suis curieux de savoir : vous considérez-vous comme une personne chanceuse? Racontez-moi vos histoires!

 

Sources :

James H. Austin. Chase, Chance, and Creativity: The Lucky Art of Novelty. The MIT Press, 1ère edition, 2003.

Jonah Berger. Invisible Influence: The Hidden Forces That Shape Behavior, Simon & Schuster, 2016.

Nick Maggiulli. Just Keep Buying:  Proven ways to save money and build your wealth. Harriman House, 2022.

Thomas Waschenfelder. The Four Kinds of Luck: How To Make A Habit Of ‘’Getting Lucky’’. Wealest, 30 septembre 2020.

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Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre

Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre

Récemment, dans le cadre de conférences destinées aux jeunes que j’ai données, j’ai partagé un truc fort utile pour demeurer résilient face à l’adversité sur le plan professionnel. J’ai pensé vous en faire part également, car on n’est jamais trop vieux pour apprendre.

Tôt ou tard, tout le monde est confronté à un échec, une déception ou un refus, et notre premier réflexe est d’en faire une affaire personnelle. Pour y remédier, Amber Rae, l’autrice du livre The Answers Are Within You, nous invite à recadrer ce type d’épreuve afin de l’aborder sous un autre angle, soit celui d’un curieux détour. En effet, notre vie dévie simplement de sa trajectoire pour prendre un autre chemin qui mènera à de nouveaux débouchés souvent inattendus et surprenants. En voici quelques exemples tirés de mon expérience personnelle :

– À cause de mon comportement turbulent, j’ai dû compléter ma dernière session d’études collégiales dans un autre établissement scolaire. Étant donné que l’offre de cours à option était plutôt limitée, je n’ai eu d’autre choix que de m’inscrire à un cours de comptabilité offert pour les étudiants inscrits au programme de Technique de tourisme…

– À l’automne 2001, je devais me joindre au cabinet comptable KPMG à titre d’analyste en fusion et acquisition. Malheureusement, en raison des attentats du 11 septembre, cette occasion d’emploi ne s’est jamais matérialisée. Un an plus tard, je suis devenu arbitragiste-actions (trader) pour la Caisse de retraite d’Hydro-Québec…

– En juillet 2014, pour la première fois de ma vie, je suis licencié par la Banque Laurentienne pour la simple et bonne raison que mon rendement en tant qu’arbitragiste-actions (trader) n’est pas au rendez-vous. L’été suivant, je me lance à mon compte en devenant formateur boursier…

– Au printemps 2016, la Bourse de Montréal ne renouvelle pas mon contrat de formateur, ce qui me permet d’offrir mes services à Desjardins Courtage en ligne, l’un de mes principaux clients actuels…

Plus jeune, jamais je n’aurai pensé qu’un jour, je deviendrai formateur boursier. Sans contredit, c’est grâce à ce parcours non linéaire que j’ai eu la chance de découvrir ma véritable passion, l’enseignement.

Je vous suggère donc de rester ouvert et de garder à l’esprit que les aléas de la vie peuvent être porteurs de changements bénéfiques à long terme. Comme le dit si bien Alexander Graham Bell, « lorsqu’une porte se ferme, il y en a une autre qui s’ouvre. Malheureusement, nous perdons tellement de temps à contempler la porte fermée, que nous ne voyons pas celle qui vient de s’ouvrir. »

Source :

Amber Rae. The Answers Are Within You: 108 Keys to Unlock Your Mind, Body & Soul. St. Martin’s Essentials, 2022.

 

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