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Restez dans votre zone de contrôle

Restez dans votre zone de contrôle

En 1975, un certain Chuck Ross rêvait de devenir écrivain. Or, comme il ne jouissait pas d’une réputation sur laquelle s’appuyer, il croyait peu à ses chances de percer. Pour prouver son point, il a d’abord retranscrit textuellement le livre Steps, de Jerzy Kosinski, qui avait remporté le National Book Award du meilleur livre de fiction en 1969 et qui s’était vendu à plus de 400 000 exemplaires. Ensuite, sous un pseudonyme, il a soumis l’ouvrage à quatorze maisons d’édition dans l’espoir de décrocher un contrat de publication.

Quel a été le résultat?

Comme Chuck Ross l’avait anticipé, aucune maison d’édition n’a manifesté d’intérêt. Mais le plus drôle, c’est que même Random House, la maison même qui avait publié la version originale du texte six ans plus tôt, n’a pas donné suite à sa proposition!

Cette anecdote nous rappelle qu’il est primordial de départager ce qui relève de notre pouvoir de ce qui dépend de facteurs externes. En effet, nous devons lâcher prise sur le résultat et nous concentrer uniquement sur les aspects sur lesquels nous avons une emprise.

En agissant ainsi, nous sommes en mesure de mieux gérer nos attentes en nous fixant des objectifs intrinsèques (curiosité, dépassement de soi, sentiment du devoir accompli) plutôt que de chercher à atteindre à tout prix des objectifs extrinsèques (argent, gloire, statut social). Dans le cas qui nous intéresse, bien que le manuscrit ait été reconnu pour sa qualité littéraire, le manque de notoriété de l’auteur a sûrement pesé lourd dans le refus généralisé des maisons d’édition…

Dans le domaine de la croissance personnelle, on parle souvent de la nécessité de sortir de sa zone de confort pour explorer de nouvelles possibilités et, surtout, apprendre. C’est ce qu’a fait Chuck Ross avec son expérience plutôt audacieuse. À la lumière de ce qui précède, permettez-moi d’ajouter aussi ceci : restez dans votre zone de contrôle!

Source :

James Altucher (2021). Skip the Line, HarperCollins.

Damien Robitaille, you’re simply the best!

Damien Robitaille, you’re simply the best!

À pareille date l’an dernier, l’industrie de la musique était frappée de plein fouet par la crise sanitaire. À ce moment-là, il était impossible de déterminer quels musiciens seraient en mesure de se démarquer pendant ce contexte incertain. Eh bien, le musicien d’origine franco-ontarienne Damien Robitaille a fait preuve d’originalité et de constance en nous partageant sur les réseaux sociaux plus de 175 capsules musicales très rafraîchissantes et souvent teintées d’humour.

Personne ne pouvait s’imaginer que cet artiste polyvalent deviendrait du jour au lendemain une vedette internationale. En effet, sa reprise de Pump up the jam de Technotronic a fait le tour de la planète avec plus de 10 millions de vues en décembre dernier!

À la Bourse, nous rêvons tous de dénicher la prochaine action « vedette », un objectif plutôt difficile à atteindre. En effet, il est reconnu qu’un nombre limité d’actions génère un rendement supérieur à celui obtenu par le S&P 500. À cet égard, Craig J. Lazarra de S&P Global a analysé la performance des 1012 actions qui ont fait partie du principal indice de référence américain entre 2000 et 2019 et il a constaté ceci :

Le rendement annualisé moyen du S&P 500 a été de +6,29 %. Toutefois, sur la même période, le rendement annualisé médian des actions membres du S&P 500 n’a été que de +2,12 %. Cela veut dire que 50 % des actions à l’étude ont affiché une performance annuelle moyenne supérieure à +2,12 %. De plus, seulement 26 % des actions analysées ont procuré un meilleur rendement cumulé que le S&P 500 sur la période!

En résumé, c’est la performance d’une poignée de titres qui est majoritairement responsable du rendement du S&P 500. Comme vous vous en doutez, il est impossible de prédire avec exactitude quelles actions tireront leur épingle du jeu, d’où la pertinence de recourir à la diversification ou de prôner la gestion passive. Cette dernière consiste à investir dans un produit conçu pour répliquer la performance d’un indice de référence. Par exemple, en achetant le SPY, le fonds américain négocié en Bourse, l’investisseur obtient à faible coût le rendement du S&P 500.

Pour terminer, je vous invite à visionner cet extrait musical où Damien Robitaille reprend un célèbre succès de Tina Turner dont le refrain résume bien ma pensée : Damien, you’re simply the best!

 

 

Source :

Jennings, J. (2020). Why It’s So Hard To Beat The Market, Forbes.

Comment mettre en échec le marché boursier?

Comment mettre en échec le marché boursier?

Connaissez-vous la minisérie « Le Jeu de la dame » (The Queen’s Gambit) sur Netflix? Elle raconte avec brio l’histoire fictive de Beth Harmon, une joueuse d’échecs prodigieuse interprétée de manière magistrale par l’actrice Anya Taylor-Joy.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous partager un billet rédigé pour Desjardins Courtage en ligne qui est justement en lien avec mon introduction. Sans donner plus de détails, voici l’article :

Alors célibataire et sans enfants, Laszlo Polgar, un psychologue hongrois, a développé l’idée que « le génie est acquis, pas inné ». Il était persuadé qu’en adoptant la bonne approche en matière d’éducation, chaque enfant avait le potentiel de devenir une sommité dans n’importe quel domaine. Pour prouver son point, il a demandé la main de Klara Alberger, une enseignante ukrainienne, qui a accepté d’expérimenter avec lui sa théorie au moyen de l’une des expériences les plus fascinantes en pédagogie.

En effet, dès leur jeune âge, leurs filles Susan, Sofia et Judit ont été soumises à un entraînement rigoureux pour qu’elles deviennent des prodiges aux échecs! Rien n’a été laissé au hasard : d’innombrables heures de pratique, un encadrement par des experts ainsi qu’un accès à un répertoire des meilleurs coups d’échecs effectués par quelque 200 000 joueurs professionnels! Maintenant, la question qui vous brûle les lèvres : est-ce que cette expérience axée sur une spécialisation accrue a été concluante?

Eh bien, la réponse est oui. Voici quelques faits d’armes des sœurs Polgar :

  • À son apogée, Sofia a été la 6emeilleure joueuse d’échecs au monde;
  • À l’âge de 15 ans, Judit est devenue la plus jeune joueuse à obtenir la norme de grand maître international;
  • Lorsqu’elle était adolescente, Susan a réalisé un tour de force en affrontant simultanément cinq adversaires en jouant à l’aveugle, c’est-à-dire sans voir l’échiquier.

Ainsi, il est normal de vouloir s’inspirer de cette approche pour connaître du succès en Bourse. En consacrant un nombre considérable d’heures et d’efforts à l’analyse des données économiques et des états financiers d’entreprises, à la lecture de rapports ainsi qu’à la création de modèles de prévisions financières, la réussite n’est-elle pas garantie? Malheureusement, non.

Aux échecs, nous avons l’occasion de tester et de mettre en pratique ce que nous apprenons grâce à une rétroaction immédiate et précise dans un environnement stable où les possibilités sont connues et limitées. Or, à la Bourse, le caractère imprévisible des marchés financiers empêche l’investisseur de recourir à la spécialisation.

Peu importe votre méthodologie de gestion de placements, votre point de vue ou celui d’un expert financier, vous devez absolument porter une attention particulière au comportement boursier. Qu’on le veuille ou non, la profitabilité d’une stratégie d’investissement est déterminée par le prix établi par les participants de marché. D’après ce principe, il est préférable d’être un généraliste plutôt qu’un spécialiste.

L’indice de volatilité du S&P 500 (le VIX)

Je vous propose donc d’élargir vos horizons en incluant le facteur humain dans votre processus d’investissement. Pour ce faire, l’indice de volatilité du S&P 500 (le VIX) s’avère un indicateur fort utile. Sur une base historique, le niveau moyen de cet indice est d’environ 20. D’une manière générale, une lecture élevée reflète une nervosité accrue des participants de marché, tandis qu’une lecture basse évoque le contraire. Par exemple, en mars dernier, lorsque le S&P 500 se négociait en baisse de plus de 30 %, le VIX a touché 85!

Le principal objectif de cet indicateur est donc de donner le feu vert pour faire le plein d’investissements lors des périodes de fortes baisses des cours boursiers, une stratégie payante à long terme. Par le passé, lorsque le VIX a affiché une lecture supérieure à 30, sur une période de 1 an, le S&P 500 a enregistré un rendement moyen de +19 %!

Bien entendu, le passé n’est pas garant du futur. Toutefois, depuis le début de la crise sanitaire, l’indicateur du VIX s’est montré très efficace pour déterminer les bons points d’entrée pour l’investisseur. Pour générer un rendement satisfaisant à long terme, je vous invite donc à l’utiliser et, qui sait, vous serez peut-être en mesure de mettre en échec le marché boursier!

 

Sources:

Epstein, D. (2019). Range: Why Generalists Triumph in a Specialized World. Riverhead Books.

Donner aux femmes la place qui leur revient

Donner aux femmes la place qui leur revient

D’après la firme Morningtsar, à la fin de 2019, seulement 14 % des fonds communs de placement étaient gérés par des femmes, soit le même pourcentage qu’en 2000. Toutefois, plusieurs études montrent que les femmes obtiennent un meilleur rendement que leur contrepartie masculine. En analysant la performance de 35 000 portefeuilles entre février 1991 et janvier 1997, les chercheurs Barber et Odean ont constaté que le rendement annuel généré par les femmes surpassait celui des hommes. Dans une analyse plus récente effectuée par The Warwick Business School, on a constaté le même résultat. En effet, entre avril 2012 et juillet 2016, les femmes investisseuses sondées ont affiché un rendement annualisé moyen de 1,2 % supérieur à celui obtenu par leurs homologues masculins.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette différence. Par exemple, d’après Barber et Odean, les hommes font 45 % plus de transactions que les femmes. En étant plus confiants, ils multiplient les transactions et augmentent ainsi leurs frais de commission, diminuant du même coup leur rendement annuel de 2,65 % comparativement à 1,72 % pour les femmes. De plus, la Dre Nelli Oster avance que les femmes utilisent un processus décisionnel plus rigoureux, ont tendance à consulter davantage leurs collègues et sont plus patientes.

Sachant tout cela, comment s’explique-t-on la présence timide des femmes en gestion de portefeuille?

L’une des principales raisons évoquées est celle des préjugés inconscients.

Dans le cadre d’une expérience menée par des chercheurs des universités de New York et Columbia, on a d’abord présenté ce cas à un groupe d’étudiants en administration des affaires.

Howard Roizen, ancien cadre chez Apple, est un investisseur prospère en capital de risque. Reconnu pour son charisme, ami des riches et des puissants, il n’a jamais hésité à mettre à profit son vaste réseau de contacts pour propulser sa carrière.

Lorsque l’on a demandé aux étudiants de fournir leur première impression sur Howard, ils l’ont trouvé compétent et efficace, le genre de personne qu’ils voudraient bien embaucher ou avoir comme collègue de travail.

Par la suite, à un deuxième groupe d’étudiants, les chercheurs ont exposé le même énoncé, la seule différence étant que le prénom de Howard a été remplacé par celui de Heidi. En principe, nous devrions recueillir sensiblement le même type de commentaires que ceux émis envers Howard. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Bien qu’ils l’aient perçue comme étant tout aussi compétente, ils l’ont trouvée égoïste, antipathique et n’avaient aucunement le goût de travailler avec elle!

Je sais, c’est un triste constat…

En cette Journée internationale des droits des femmes, j’encourage donc les femmes à se diriger davantage vers des carrières en finance et, pour les intéressées, à oser postuler à des postes de gestionnaires de portefeuille, car elles possèdent tous les atouts nécessaires pour réussir. Il ne reste maintenant qu’à espérer que notre société donne aux femmes la place qui leur revient…

Sources :

Brad M. Barber, Terrance Odean. Boys Will be Boys: Gender, Overconfidence, and Common Stock Investment, The Quarterly Journal of Economics, February 2001.

Laura Lallos. Women in Investing: Morningstar’s View, 2 mars 2020.

Michael Cannivet. Why Women Are Better At Investing, Forbes, 29 décembre 2018.

Noémie Mercier. Le problème d’Heidi, L’Actualité, 15 septembre 2017.

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