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Le confinement n’est pas terminé pour moi

Le confinement n’est pas terminé pour moi

Le 25 juillet 1830, l’écrivain Victor Hugo rédigeait les trois premières pages de Notre-Dame-de-Paris. Or, il a été contraint de prendre une pause à cause de la révolution de Juillet (la deuxième Révolution française) et de la naissance de sa fille Adèle. Il n’a donc pu reprendre l’écriture de son futur chef-d’œuvre que le 1er septembre, mais a tout de même réussi à terminer l’ouvrage le 15 janvier 1831! C’est assez incroyable pour un roman qui est devenu un classique!

Selon sa femme, Victor Hugo a pris les grands moyens pour limiter les tentations et les distractions dans sa vie quotidienne. Après avoir acheté une bouteille d’encre ainsi qu’un châle pour se couvrir de la tête aux pieds, il a verrouillé sa penderie et en a remis la clé à un ami. Il n’avait donc aucun vêtement pour sortir de chez lui, une excellente stratégie pour s’affairer à la rédaction de son manuscrit.

De mon côté, comme j’ai un important contrat de rédaction à livrer pour la mi-juillet, j’ai décidé de m’inspirer de la tactique utilisée par Victor Hugo en vue de remettre le tout à temps.

N’ayez crainte, je ne demeurerai pas enfermé chez moi vêtu d’un châle pendant un mois… Je vais plutôt prendre une pause de publication d’articles de blogue.

Je serai donc de retour à la fin juillet et j’espère vous retrouver en pleine forme!

 

On ne change pas une formule gagnante

On ne change pas une formule gagnante

À première vue, roche-papier-ciseaux ne semble être qu’un jeu de hasard. Détrompez-vous, car, comme à la bourse, l’aspect psychologique est très important.

Lors d’un affrontement, chaque personne doit présenter avec la main, de façon simultanée, son choix entre trois options : la roche, le papier ou les ciseaux. Pour déterminer le gagnant, les règles sont simples : la roche bat les ciseaux (en les cassant), le papier bat la roche (en l’enveloppant) et les ciseaux battent le papier (en le coupant). D’un point de vue mathématique, aucune option ne domine les autres et, par le fait même, chaque joueur a une chance sur trois de remporter une manche.

Or, la probabilité réelle de gagner diffère de la probabilité théorique. Voici quelques exemples :

  • Les hommes privilégient la roche, qui est le geste d’attaque le plus naturel;
  • Les personnes n’aiment pas être prévisibles. Ainsi, si votre adversaire sort la pierre trois fois de suite, il risque fortement de choisir par la suite le papier ou les ciseaux;
  • Le papier est l’option la moins utilisée. Selon la World Rock Paper Scissors Society (oui, oui, ça existe!), il est joué 29,6 % du temps comparativement à 35 % pour les ciseaux et à 35,4 % pour la roche.

De même, dans le cadre d’une étude, la chercheuse Barbara Drescher et son équipe ont observé une réponse conditionnelle des participants, c’est-à-dire que la sélection d’une option (la roche, le papier ou les ciseaux) était influencée par le résultat de la tentative précédente. Le joueur qui remporte une manche a tendance à répéter le même choix et le joueur perdant, à le changer.

Cette stratégie « win-stay, lose-shift » est répandue dans la communauté financière. Il est reconnu qu’une méthodologie d’investissement qui ne fonctionne pas à court terme est sujette à se faire remplacer, et ce, même s’il a été démontré par le passé qu’elle était profitable. Or, le fait d’enregistrer des pertes sur des transactions consécutives ne change en rien les perspectives de succès à long terme. Le négociateur actif ou l’investisseur, frustré et désireux d’avoir de bons résultats rapidement, change à tort son attitude et sa façon de travailler. Mais son impatience ne jouera pas en sa faveur, car, comme le dit si bien l’adage, on ne change pas une formule gagnante!

Source :

Barbara Drescher (2015). What the Empirical Evidence REALLY Says About Rock, Paper, Scissors.

La méthode sandwich

La méthode sandwich

Crédit image: https://www.lartdeconvaincre.com/

 

Connaissez-vous ce principe ?

Il s’agit simplement d’émettre une critique négative ou constructive en l’enrobant de commentaires positifs.

Vous entamez la discussion avec un compliment, suivi d’une critique négative ou d’une suggestion d’amélioration et vous terminez en beauté avec un commentaire positif.

C’est une technique qui a fait ses preuves et qui est grandement utilisée dans plusieurs domaines.

Personnellement, lorsque je reçois une rétroaction qui commence par un éloge à mon égard, j’attends de pied ferme le pot, ce qui m’amène à oublier le compliment…

Eh oui, je fais partie des gens qui préfèrent entendre, d’entrée de jeu, la rétroaction corrective ou les points à améliorer.

Selon le psychologue Roy F. Baumeister et le journaliste John Tierney, auteurs du livre The Power of Bad, je ne suis pas le seul à penser ainsi.

C’est la raison pour laquelle ils proposent plutôt de donner le choix à la personne qui reçoit la rétroaction de l’ordre des sujets traités, car, selon eux, 75 % des gens préfèrent entamer la discussion avec les aspects négatifs ou à travailler!

Si vous devez fournir de la rétroaction à quelqu’un, vous pourriez alors suivre ces étapes :

  • Commencez par un échange informel pour établir un climat de confiance.
  • Mentionnez que vous avez des points positifs et des points d’amélioration à partager.
  • Demandez à la personne par quoi elle veut commencer.

Peu importe votre opinion à cet égard, mon objectif était simplement de vous partager une façon de faire que j’affectionne particulièrement, surtout en cette période précaire où les gens ont la sensibilité à fleur de peau!

Le pouvoir obscur d’une voix grave

Le pouvoir obscur d’une voix grave

J’aimerais commencer en vous faisant une confidence : je déteste ma voix! En tant que conférencier, ce n’est pas très pratique…

Mais je ne m’empêche pas de parler pour autant, loin de là. D’ailleurs, en cette période de confinement, je prends un réel plaisir à participer à l’enregistrement de baladodiffusions. Cependant, chaque fois que me je réécoute, j’éprouve de la gêne. En effet, je trouve que ma voix est nasillarde et parfois haut perchée.

Bon, certains d’entre vous diront que j’exagère un peu, mais le fait demeure que je n’ai jamais aimé ma voix. D’ailleurs, mon rêve le plus fou est d’avoir la voix de James Earl Jones, c’est-à-dire une voix grave, profonde et caverneuse. Si ce nom ne vous dit rien, il s’agit de l’acteur qui a prêté sa voix au célèbre personnage de Dark Vador dans la Guerre des étoiles. Fait cocasse, au cours du premier épisode, le rôle de Dark Vador a été incarné par David Prowse, un imposant culturiste et haltérophile. Toutefois, à la suite de son audition plutôt malaisante, le réalisateur George Lucas a décidé de remplacer sa voix par celle de James Earl Jones. Pour les curieux, voici un extrait vidéo très comique :

 

 

« Calme-toi est la pire chose qu’on puisse dire à quelqu’un d’énervé. »

— Anonyme

Dans ce contexte d’incertitude liée à la COVID-19, il est normal d’être plus émotif. Par exemple, à la suite de la récente chute des cours boursiers, nombreux sont ceux qui éprouvent de l’anxiété face à leurs placements. Pris de panique, ils communiquent avec leur conseiller financier afin d’être rassurés. Malheureusement, au lieu de faire preuve d’empathie pour calmer le jeu, il est fréquent de constater que des spécialistes de l’investissement étalent plutôt leur savoir en utilisant un jargon financier complexe et difficile à comprendre. Or, cette stratégie s’avère peu efficace, car elle préconise la pensée rationnelle plutôt que de désamorcer la crise émotionnelle.

Avant tout, dans un climat de confiance et de respect, le conseiller financier se doit d’être à l’écoute et de poser des questions. Pour ce faire, le simple fait de parler avec une voix plus grave et posée l’aidera grandement à établir sa crédibilité et à augmenter sa probabilité de succès à long terme. À cet égard, un groupe de professeurs des universités de Duke et de Californie a analysé le ton de la voix de quelque 792 chefs de direction d’entreprises cotées en Bourse et le résultat est plus qu’étonnant.

Le haut dirigeant moyen à l’étude a 56 ans, gagne un salaire annuel de 3,7 millions de dollars et gère une organisation d’une capitalisation boursière de 2,4 milliards dollars. En ce qui concerne le ton de sa voix, déterminé par la fréquence mesurée en Hertz (Hz -le nombre d’oscillations par seconde), elle est de 125,5 Hz. Pour vous donner une idée, James Earl Jones a une fréquence de voix de 85 Hz, tandis que Barry Gibb, le chanteur du groupe The Bee Gees (Stayin’ Alive), a une fréquence de voix pouvant atteindre près de 800 Hz! Eh bien, comparativement au haut dirigeant moyen, ceux ayant un timbre de voix se situant dans les basses fréquences touchent, en moyenne, un salaire annuel plus élevé de 187 000 $ et mènent une entreprise avec une capitalisation boursière supérieure de 440 millions d’actifs!

À la lumière de ce qui précède, messieurs, je vous invite à ne pas sous-estimer ce pouvoir méconnu, mais tellement puissant d’une voix plus grave sur les gens.

Sources :

Colleen Ann Jennings. Belting is beautiful: welcoming the musical theater singer into the classical voice studio. Iowa Research Online. Été 2014.
Melissa Korn. What Does a Successful CEO Sound Like? Try a Deep Bass. The Wall Street Journal. 18 avril 2013.

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