Avouez que la météo a probablement sauvé plus de conversations que n’importe quel autre sujet dans l’histoire de l’humanité!

On a tous déjà vécu cette situation. On rencontre quelqu’un pour la première fois et, après les salutations d’usage, on sort notre questionnaire habituel : « Que fais-tu dans la vie? », « Où habites-tu? », « As-tu des enfants? ». Et lorsque les réponses sont courtes et qu’un silence inconfortable s’installe, on se rabat sur une valeur sûre : « Ouin, pas mal de pluie ces temps-ci! »

Ouf! La conversation est sauvée, du moins pour quelques secondes, mais est-ce qu’on apprend vraiment à connaître quelqu’un de cette façon?

Cela m’amène à vous faire une recommandation de lecture : Conversation, de Vanessa Van Edwards, un ouvrage très intéressant qui m’a fait réaliser à quel point nous passons parfois à côté d’échanges enrichissants simplement parce que nous posons toujours les mêmes questions.

L’auteure propose une foule d’outils et de questions pour renouveler nos interactions. Son approche repose notamment sur trois niveaux de conversation, chacun permettant de découvrir différentes facettes de notre interlocuteur.

1. Les faits et les caractéristiques générales. On parle du travail, de la famille, des loisirs et du quotidien. Ce niveau est essentiel pour briser la glace et établir un premier contact. Il ne faut surtout pas le négliger! Après tout, ce n’est pas parce qu’on reste en surface que la conversation doit être banale.

2. Les aspirations, les rêves et les motivations. On découvre ce qui anime une personne, les valeurs qui la guident et ce qu’elle aimerait accomplir. La conversation prend alors une autre dimension, puisqu’on commence à mieux comprendre ce qui se cache derrière les faits et les apparences.

3. Le sens et notre histoire personnelle. On explore les expériences qui nous ont façonnés, les événements qui ont changé notre regard sur la vie et les leçons que nous en avons tirées. C’est souvent à ce stade que naissent les échanges les plus mémorables.

Ce que j’aime de cette approche, c’est qu’il ne s’agit pas de brûler les étapes pour arriver le plus rapidement possible aux conversations profondes. L’auteure nous montre plutôt comment enrichir chaque étape de la discussion grâce à des questions qui sortent des sentiers battus.

Parmi les nombreuses suggestions de cet ouvrage, il y en a une qui m’a frappé par sa simplicité :

« Es-tu chanceux dans la vie? »

Quelques mots à peine qui peuvent ouvrir la porte à des réponses étonnamment profondes. Certains parleront de leur famille, de leur santé ou des occasions qu’ils ont su saisir, tandis que d’autres évoqueront les épreuves traversées ou leur conviction que la chance se provoque plutôt qu’elle ne se reçoit.

Je trouve fascinant qu’une question aussi courte puisse nous en apprendre davantage sur la façon dont une personne perçoit la vie que dix minutes de conversation sur son travail.

Évidemment, l’objectif n’est pas de demander à un inconnu de nous raconter son plus grand traumatisme entre deux bouchées de hors-d’œuvre! Il faut savoir respecter le contexte, le rythme de l’échange et le degré de confiance qui s’installe.

L’art de la conversation repose peut-être moins sur notre capacité à raconter de bonnes histoires que sur notre habileté à faire émerger celles des autres.

Je vous laisse donc avec cette question sur laquelle je suis curieux de vous lire :

Et vous, considérez-vous que vous êtes chanceux dans la vie?

Avec un peu de chance, nous n’aurons même pas besoin de parler de météo!