En 1951, une situation étonnante s’est produite. À quelques jours d’intervalle, sans se connaître ni se consulter, deux créateurs publient une bande dessinée portant exactement le même nom : Dennis la Menace.

Aux États-Unis, le personnage est créé par Hank Ketcham. Au Royaume-Uni, un autre Dennis la Menace apparaît sous le crayon de David Law. Même nom, même époque, même idée. Et pourtant, deux personnages distincts, deux univers, deux succès qui coexistent encore aujourd’hui.

L’événement tient évidemment de la coïncidence. Une coïncidence étonnante, presque improbable. Mais elle n’est pas totalement arbitraire. À l’époque, Dennis est l’un des prénoms les plus populaires chez les garçons anglophones. Le mot « menace », lui, décrit presque naturellement un enfant débordant d’énergie, espiègle, parfois incontrôlable. Ce n’était pas une idée rare ou audacieuse. C’était une idée évidente, en harmonie avec son époque.

Et c’est là que cette histoire devient éclairante.

En 2026, vous avez peut-être l’impression que tout a déjà été dit. Que les sujets sont saturés. Que d’autres font déjà ce que vous pensiez faire, parfois mieux, parfois plus vite, parfois avec plus de visibilité. Cette impression est omniprésente, amplifiée par les réseaux sociaux et la vitesse à laquelle les idées circulent.

Pourtant, le mécanisme est le même qu’en 1951. Si plusieurs personnes parlent en même temps de quête de sens, de santé mentale, de ralentissement ou de rapport au travail, ce n’est pas parce que tout le monde se copie. C’est parce que ces questions sont devenues inévitables. Elles émergent lorsqu’un besoin est commun.

Les idées qui circulent le plus ne sont pas forcément banales. Bien souvent, elles sont simplement mûres.

La vraie question n’est donc pas de savoir si quelqu’un fait déjà ce que vous avez en tête, mais comment vous pouvez donner forme à cette idée. Les deux Dennis ne se distinguaient pas par leur nom, mais par leur ton, leur personnalité et leur énergie. Aucun n’a effacé l’autre. Ils ont existé parce qu’ils étaient portés avec sincérité.

Deux personnes peuvent partir de la même idée et produire quelque chose de radicalement différent, simplement parce qu’elles n’ont pas le même vécu ni la même façon de regarder le monde. Voir quelqu’un faire ce que vous souhaitiez accomplir n’est pas un signe de retard. C’est souvent un signe d’alignement.

Si une idée revient sans cesse vous visiter, ce n’est probablement pas pour que vous cherchiez à être original à tout prix, mais pour que vous l’exprimiez à votre manière. Vous n’êtes pas en compétition avec les idées des autres. Vous êtes responsable de la vôtre.

Et aujourd’hui, peut-être que le vrai courage n’est pas d’être unique, mais d’oser prendre sa place.

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