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Le 24h du Lac fête ses 20 ans
Il y a des événements qui nous marquent, non seulement par le défi qu’ils représentent, mais aussi par les souvenirs qu’ils créent et les liens qu’ils permettent de tisser.
Pour souligner les 20 ans du 24h du Lac, Nadine et moi revenons à la charge avec l’équipe Gestionnaires d’actifs Bridgehouse pour la prochaine édition, qui se tiendra les 22 et 23 août dans le décor enchanteur du Lac Beauport.
Déjà plus de 20 personnes ont décidé de se joindre à nous pour vivre un autre week-end de dépassement de soi, de plaisir et d’échanges humains. C’est ce mélange qui rend l’expérience aussi unique et qui donne envie d’y revenir, année après année.
C’est donc une invitation à vous joindre à nous, ou même à créer votre propre équipe afin de vivre pleinement l’événement à votre façon.
Curieux d’en savoir plus, écrivez-moi en privé.
Au plaisir de vous voir en août!
L’amitié à l’épreuve d’un monde optimisé
Une personne fait trois heures de route pour aider un ami à déménager un samedi pluvieux. Elle n’y a pas été obligée. Elle n’y gagne rien. Elle y va simplement parce que c’est son ami.
Ce type de geste, en apparence banal, résiste pourtant à presque tout ce qui structure notre monde actuel. C’est précisément ce que Jonathan Goodman met en lumière dans son livre Unhinged Habits.
Nous évoluons dans un environnement conçu pour maximiser l’efficacité et réduire les frictions, au point où même nos relations risquent d’être influencées par cette logique. L’hyperindividualisme valorise l’autonomie, le travail structure nos priorités, les espaces communautaires se raréfient, et les réseaux sociaux entretiennent l’illusion d’une proximité constante sans nécessairement offrir de profondeur. À cela s’ajoute le confort domestique : lorsque tout peut être commandé et consommé sans sortir de chez soi, les occasions d’interactions spontanées, celles qui ont historiquement permis de créer les liens les plus durables, deviennent de plus en plus rares.
Dans Unhinged Habits, Jonathan Goodman propose une réflexion intéressante sur la nature des relations, en suggérant que les liens les plus solides se reconnaissent souvent par leur capacité à échapper à la logique d’optimisation. Un véritable ami n’est pas utile à nos ambitions. Il ne constitue pas un levier ni une opportunité, mais une présence qui existe indépendamment de ce qu’elle peut apporter. Il fait des efforts qui ne sont pas nécessaires, et non pas par obligation, mais par choix. Et il célèbre sincèrement nos succès, sans comparaison ni calcul, en trouvant dans notre réussite une source de joie authentique.
Ces critères peuvent sembler évidents, mais ils vont à contre-courant d’un monde où la valeur est presque toujours associée à l’utilité, à la rapidité et à la commodité. Ils rappellent que certaines relations ne se construisent pas sur ce qu’elles permettent d’obtenir, mais sur ce qu’elles permettent d’être.
Dans un monde où tout devient plus simple, ce qui ne sert à rien devient souvent ce qui compte le plus. Les relations qui marquent une vie ne sont pas celles que l’on optimise, mais celles que l’on choisit, encore et encore, même lorsqu’il n’y a rien à gagner.
La vraie question n’est donc pas de savoir combien de personnes nous entourent. Elle consiste plutôt à nous demander avec qui nous sommes réellement prêts à sortir de la logique de l’utilité pour entrer dans celle de la présence, et surtout, pour qui nous sommes prêts à être cet ami.
Source :
Jonathan Goodman. Unhinged Habits. HarperCollins Leadership, 2026.
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ChatGPT
On planifie tout, sauf la personne que l’on veut devenir
Cette photo a été prise à la fin de notre retraite Ikigai en mars dernier au Spa Eastman, et elle résume parfaitement ce qui se passe quand on prend enfin le temps de s’arrêter.
Quelques jours plus tôt, ces personnes ne se connaissaient pas. Quelques jours plus tard, elles repartaient avec des réflexions profondes, des décisions à prendre, des projets à clarifier et, pour plusieurs, une nouvelle direction à donner à leur vie.
Pendant quelques jours, le temps a ralenti. Nous avons réfléchi, écrit, marché, discuté longtemps, posé des questions que l’on repousse trop souvent parce que le quotidien va trop vite. Chaque fois, je suis impressionné par la profondeur des réflexions qui émergent simplement parce qu’on prend le temps de s’arrêter.
Certaines personnes sont arrivées avec des questions, d’autres avec des décisions à prendre, d’autres simplement avec le besoin de s’arrêter un moment. Toutes sont reparties avec une meilleure compréhension d’elles-mêmes et de la direction qu’elles veulent donner à la suite de leur parcours.
On passe beaucoup de temps à construire notre vie, mais très peu de temps à se demander si c’est vraiment la vie que l’on veut construire.
C’est exactement pour cela que nous avons décidé de recommencer l’aventure.
Nous serons donc de retour au Spa Eastman du 10 au 13 décembre pour une nouvelle retraite intitulée « L’art de vivre aligné – Une immersion au cœur de l’Ikigai ».
Inspirée du concept japonais Ikigai, que l’on peut traduire par « raison d’être », cette retraite vous amènera à réfléchir à ce que vous aimez, à ce dans quoi vous excellez, à ce dont le monde a besoin et à la façon dont tout cela peut s’aligner dans votre vie.
La direction d’une vie ne change pas en un week-end, mais un week-end peut parfois changer la direction d’une vie.
D’ici là, prenez simplement le temps d’y réfléchir. Parfois, l’idée de s’arrêter fait son chemin plusieurs mois avant de se concrétiser.
Si cette réflexion vous parle, vous pouvez aller voir les détails ici :
https://www.spa-eastman.com/sejours/retraites/lart-de-vivre-aligne-une-immersion-au-coeur-de-likigai
Le courage d’assumer ses priorités
Nous parlons souvent d’équilibre comme s’il s’agissait d’une vertu absolue, d’une preuve de maturité, comme si une vie réussie consistait à maintenir toutes ses sphères parfaitement alignées en permanence, sans qu’aucune ne prenne davantage d’espace qu’une autre. L’intention est noble puisqu’elle cherche à éviter l’épuisement et à préserver ce qui compte réellement, mais à force d’ériger l’équilibre en idéal, nous avons progressivement créé une pression plus subtile, celle de devoir réussir sans trop s’investir, ambitionner sans intensité visible et progresser sans jamais laisser paraître de déséquilibre.
Or, toute progression réelle exige que l’on accepte, à certains moments, de redéfinir clairement ses priorités et d’en assumer pleinement les conséquences.
Brad Stulberg, qui s’intéresse à la performance durable, rappelle que la croissance ne s’inscrit pas dans une stabilité linéaire, mais bien dans une succession de cycles où l’intensité et la récupération coexistent et se répondent. Les athlètes alternent les phases de surcharge et de repos, les saisons se succèdent sans chercher à se ressembler, et la nature elle-même ne tente jamais d’uniformiser ses périodes les plus exigeantes, elle les traverse avec cohérence.
Avec l’arrivée du printemps, j’entre moi aussi dans une phase plus exigeante, une période où l’essentiel de mon énergie sera orienté vers la préparation des examens menant au titre de planificateur financier. En 2022, j’ai échoué à cette épreuve, une expérience à la fois déstabilisante et profondément formatrice qui m’a obligé à revoir ma façon d’aborder mes priorités. J’ai compris que certains objectifs ne se réalisent pas en périphérie de notre attention, mais qu’ils exigent d’en devenir le centre, au moins pour un temps, avec tout ce que cela implique sur le plan des choix et des renoncements.
Je choisis donc d’assumer cette intensité avec lucidité et intention, non pas comme un déséquilibre subi, mais comme l’expression d’une priorité clarifiée et pleinement assumée dans le temps.
Nous opposons souvent obsession et équilibre comme s’ils étaient incompatibles, alors que toute réalisation significative requiert une forme d’engagement profond, soutenu et volontaire, qui peut s’apparenter à une obsession maîtrisée lorsqu’elle est alignée avec des valeurs claires et inscrite dans une durée limitée. Le véritable risque ne réside pas dans l’intensité elle-même, mais dans l’absence de rythme, dans cette illusion que l’on pourrait demeurer en permanence dans un état d’effort maximal sans jamais revenir vers une forme d’équilibre plus large.
La notion de saisonnalité apporte ici une perspective plus juste et plus humaine, puisqu’elle ne glorifie ni l’épuisement ni la dispersion, mais reconnaît simplement qu’il existe des périodes pour approfondir et d’autres pour élargir. L’équilibre ne se définit pas comme un état figé que l’on devrait maintenir en tout temps, mais comme le résultat d’un mouvement conscient, d’une alternance assumée entre engagement total et retour au centre.
À vouloir demeurer constamment parfaitement équilibrés, nous risquons surtout de rester en surface et de ne jamais accorder à nos projets l’espace qu’ils méritent réellement pour se déployer pleinement.
Ce printemps sera donc une saison d’effort structuré et d’intensité réfléchie, une période choisie et assumée dans laquelle je concentre volontairement mon énergie. Lorsque juin sera derrière moi, je reviendrai vers un rythme plus large, non pas avec la sensation d’avoir sacrifié l’équilibre, mais avec celle d’avoir honoré une priorité qui méritait toute mon attention.
L’équilibre n’est pas l’absence de tension, c’est la capacité de choisir où la concentrer, et pour combien de temps.
Source :
Brad Stulberg. The Way of Excellence. HarperOne, 2026.
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