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Quand le temps imparfait prend de la valeur
Il est 9 h 10.
Une rencontre virtuelle débute à 9 h 30.
Mon premier réflexe est de me dire que je n’ai pas assez de temps pour que ça vaille la peine de me plonger dans un projet important. Vingt minutes, ce n’est pas suffisant. Alors, presque automatiquement, je me tourne vers les réseaux sociaux ou je m’occupe de détails sans réelle valeur. Le temps passe, sans laisser de trace.
C’est exactement ce que remet en question le concept de « penser en minutes », proposé par Matthew Dicks, auteur du livre Someday Is Today. Ces vingt minutes ne sont peut-être pas suffisantes pour terminer un projet, mais elles sont largement suffisantes pour le faire avancer. Et cette nuance change tout.
Nous avons tendance à surestimer l’importance des longues plages horaires parfaites et, à l’inverse, à sous-estimer la valeur des petites fenêtres imparfaites. Pourtant, ce sont souvent ces moments coincés entre deux rencontres qui déterminent si un projet progresse réellement ou demeure à l’état d’intention.
J’aime beaucoup l’analogie des confettis. Un seul confetti est insignifiant. Il ne capte l’attention de personne. Mais lorsqu’ils s’accumulent, les confettis créent quelque chose de vivant, de mémorable. Le temps fonctionne exactement de la même façon. Dix minutes ici, quinze minutes là, vingt minutes avant une réunion. Pris isolément, ces moments semblent anodins. Additionnés sur une semaine, un mois ou une année, ils deviennent un véritable levier.
Le vrai piège, c’est d’attendre le moment idéal. Commencer à 9 h pile. Après le dîner. Lundi matin. Dès que la fenêtre est imparfaite, on la met de côté. On se promet d’y revenir plus tard. Et bien souvent, ce moment parfait n’arrive jamais.
L’idée est simple : abandonner cette attente et se poser une question beaucoup plus utile. Qu’est-ce que je peux faire de pertinent avec le temps que j’ai maintenant ? Relire une page. Structurer une idée. Écrire quelques lignes. Clarifier un plan. Ce n’est rien de spectaculaire, mais ces petites actions s’additionnent.
Ce réflexe ne s’arrête pas au travail en profondeur. Il s’applique aussi très concrètement à la planification des rencontres. Plutôt que de se fier machinalement aux durées proposées par défaut dans Outlook, 30 ou 60 minutes, pourquoi ne pas ajuster la rencontre à son besoin réel ? Si un échange peut être réglé en 20 minutes, tant mieux. Le temps dégagé devient alors une occasion d’avancer sur ce qui compte vraiment.
Au fond, il ne s’agit ni d’optimiser chaque seconde ni de vivre sous pression. Il s’agit de reconnaître la valeur de ces petits blocs de temps que l’on méprise trop souvent. Le temps imparfait ne demande pas à être sauvé, seulement à être utilisé.
Source :
Matthew Dicks. Someday is Today: 22 Simple, Actionable Ways to Propel Your Creative Live, Recorded Books, 2022.
Crédit image :
ChatGPT
Le point sur la situation en Iran et ses impacts sur les marchés
Desjardins Courtage en ligne vous invite à une webdiffusion pour faire le point sur la situation géopolitique en Iran et ses répercussions sur le pétrole et les marchés financiers.
Alors que la situation évolue rapidement, cette présentation vous aidera à mieux comprendre la réaction des marchés en temps réel et à prendre du recul face au flot d’informations parfois contradictoires. Nous en profiterons également pour partager des conseils pratiques, autant pour l’investisseur que pour le négociateur actif.
J’aurai la chance d’y participer en tant que conférencier aux côtés de Steve Deschesnes, et une période de questions est également prévue.
Mercredi 8 avril, de 12 h à 13 h
Activité gratuite. Inscription requise via le lien d’inscription.
Au plaisir de vous compter parmi nous !
Une journée pour goûter à l’expérience des marchés
Le 11 avril prochain, j’aurai le plaisir de participer à la 3ᵉ édition de la Simulation boursière organisée par le module des sciences de l’administration de l’Université du Québec à Rimouski, au campus de Rimouski.
Lors de cette activité, les participants seront invités à se projeter en 2033 et à prendre des décisions de négociation dans un environnement de marché simulé reflétant les grandes tendances économiques. Analyse des marchés, prise de décisions en temps réel et gestion du risque seront au cœur de cette expérience immersive.
Au cours de la journée, j’aurai la chance d’être présent à titre de mentor afin d’épauler les participants durant les séances de négociation active. En après-midi, j’animerai également un atelier de retour sur la simulation afin de revisiter certaines décisions prises, de discuter des biais qui peuvent influencer le jugement et de dégager les principaux apprentissages de l’exercice.
Au-delà des graphiques et des modèles, négocier en Bourse demeure avant tout une question de jugement, de discipline et de gestion des émotions. Des initiatives comme celle-ci permettent de goûter concrètement à l’expérience des marchés et de développer un intérêt durable pour l’univers boursier.
Pour permettre à davantage de personnes de vivre cette expérience, je ferai également tirer 5 billets d’une valeur de 40 $ chacun.
Pour participer au tirage, il suffit de m’écrire en privé d’ici le vendredi 3 avril et de m’expliquer brièvement pourquoi vous aimeriez prendre part à l’événement.
Les gagnants seront annoncés le mardi 7 avril. Je communiquerai directement avec les personnes sélectionnées pour leur transmettre la bonne nouvelle.
Au plaisir d’échanger avec celles et ceux qui souhaitent découvrir et mieux comprendre l’univers de la Bourse!
Composer dans le silence
Ludwig van Beethoven demeure l’un des compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique occidentale. Pianiste virtuose célébré dès sa jeunesse, il semble destiné à une carrière brillante sur la scène européenne. Puis, vers l’âge de vingt-sept ans, un bourdonnement persistant apparaît dans ses oreilles. La surdité s’installe lentement jusqu’à devenir totale.
Pour un musicien, une telle perte pourrait représenter une condamnation professionnelle. Beethoven traverse alors une période de profond désespoir, qu’il évoque dans une lettre adressée à ses frères, mais sa passion pour la musique le pousse à continuer.
Ses derniers quatuors à cordes déconcertent profondément ses contemporains. Plusieurs critiques y voient l’œuvre d’un homme devenu trop éloigné du goût du public. Beethoven en est conscient, mais il continue malgré tout à composer sans chercher à se plier au regard des autres.
Un aspect de cette histoire est rarement souligné. Beethoven ne travaillait pas dans un silence apaisant. Il composait dans l’impossibilité d’entendre les réactions autour de lui. Les murmures du public, les commentaires des interprètes et les critiques lui étaient devenus inaccessibles. Il avait perdu un repère essentiel, celui des réactions extérieures qui nous poussent parfois à arrêter.
Il ne lui restait ainsi qu’une seule boussole : son propre jugement.
À notre époque, il est plus difficile de faire fi de ce qui nous entoure. En effet, le feedback est omniprésent. Les réactions, les commentaires et les opinions arrivent en continu, souvent avant même que nous ayons pris le temps de réfléchir à ce que nous en pensons réellement.
Peu à peu, la question « Est-ce vraiment bon ? » laisse place à une autre interrogation, « Est-ce que cela plaît ? ». Dans ce contexte, ce n’est plus nous qui décidons quand le travail est terminé, puisque les réactions des autres finissent souvent par tracer la ligne d’arrivée.
Les mentions J’aime ne sont pas toujours un indicateur de qualité. Elles peuvent signaler qu’une idée résonne auprès de l’audience, mais elles reflètent aussi d’autres facteurs, comme la popularité de la personne qui publie.
Lors de la première de la Neuvième Symphonie, Beethoven dirige l’orchestre sans entendre les musiciens ni le public. Lorsque la salle éclate en ovation, il ne s’en rend pas compte puisqu’il est tourné vers l’orchestre. La contralto Caroline Unger doit alors le prendre par le bras et le tourner vers la salle pour qu’il puisse voir la foule debout l’acclamer.
À cet instant, Beethoven vient d’achever ce que beaucoup considèrent comme l’un des sommets de la musique occidentale, sans avoir reçu le moindre signal extérieur lui indiquant que l’œuvre était terminée. Cette décision lui appartenait entièrement.
Faites l’exercice dans les prochaines semaines. Réalisez quelque chose qui compte vraiment pour vous, qu’il s’agisse d’un projet, d’un texte ou même d’un défi sportif. Une fois le travail accompli, résistez à l’envie de le partager immédiatement et gardez-le pour vous pendant quelque temps.
Posez-vous ensuite une question simple et honnête.
Êtes-vous satisfait du travail accompli ou ressentez-vous encore le besoin que les autres vous confirment que c’est bien ?
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