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Deuxième retraite au Spa Eastman sur l’Ikigai
La photo que vous voyez ici témoigne d’un moment précieux. Elle rassemble les participantes et participants de notre toute première retraite d’Ikigai, tenue en décembre dernier, et me rappelle un super beau groupe, des échanges vrais, des espaces de silence, beaucoup de rires et surtout des partages profondément humains. Ce sont ces moments-là, simples et authentiques, qui donnent envie de recommencer.
À l’aube du printemps, cette période naturelle de transition et de renouveau, nous vous proposons une nouvelle occasion de faire le point, de prendre un pas de recul et de vous déposer, afin de laisser émerger ce qui cherche à prendre forme pour la suite.
Du jeudi 12 mars au dimanche 15 mars, nous vous invitons à vivre la 2e retraite « L’art de vivre aligné – Une immersion au cœur de l’Ikigai », au Spa Eastman, dans le décor apaisant des Cantons-de-l’Est.
L’Ikigai, ce mot japonais que l’on traduit par raison d’être, se situe à la rencontre de ce que vous aimez, de ce dans quoi vous êtes bon, de ce dont le monde a besoin et de ce pour quoi vous pouvez être rémunéré. Il agit comme une boussole intérieure, aidant à retrouver du sens, de la clarté et un alignement plus juste entre ce que vous êtes et la manière dont vous vivez.
Pendant votre séjour, vous aurez l’espace pour ralentir réellement, sortir du mode automatique et reconnecter avec l’essentiel, tout en explorant ce qui vous nourrit en profondeur et ce qui vous anime, afin de repartir avec des outils concrets pour aborder la suite avec plus d’intention, de calme et de cohérence.
Je coanimerai cette retraite avec deux personnes d’exception, Mélanie Faure et Richard Goulet, dans un climat de bienveillance, de présence et de profondeur.
Il ne s’agit pas d’ajouter une activité de plus à votre agenda. Il s’agit plutôt de créer un espace pour mieux vous écouter, et ainsi repartir avec une direction plus claire. Bien souvent, un simple changement de saison peut devenir le point de départ d’un nouveau chapitre.
Ne tardez pas, car les places sont limitées. Pour tous les détails et l’inscription, c’est par ici :
Ne pas attendre le moment Ah! Ha!
Nous avons tendance à croire que les décisions importantes devraient s’imposer d’elles-mêmes, comme si un instant de clarté absolue devait nécessairement précéder l’action, ce moment précis où tout deviendrait évident, ordonné, presque confortable. Cette attente du moment « Ah! Ha! » rassure, car elle donne l’illusion que la bonne décision se reconnaît immédiatement. En réalité, ce moment est bien souvent reconstruit après coup, une fois le chemin déjà parcouru.
L’histoire de la chanson Take On Me, rendue célèbre par le groupe norvégien A-ha, illustre avec une étonnante justesse ce mécanisme. La chanson que nous connaissons aujourd’hui, devenue emblématique et intemporelle, n’est pas née dans sa forme définitive. Une première version existait, plus fade, sans véritable identité, incapable de se distinguer durablement. Rien, à ce stade, ne laissait présager qu’elle marquerait l’histoire de la musique populaire.
Plutôt que de conclure que l’idée était mauvaise ou d’attendre une révélation soudaine, le groupe a poursuivi le travail. La chanson a été retravaillée, réarrangée, enrichie, portée par des producteurs, des ingénieurs du son et des créateurs capables d’en révéler le potentiel. Le vidéoclip, audacieux et visionnaire pour son époque, a complété ce processus en donnant une forme visuelle à ce qui n’était encore qu’une promesse sonore.
Pour bien saisir l’ampleur de cette transformation, il suffit de prendre quelques minutes pour écouter la première version, puis la version finale connue aujourd’hui.
Première version :
Version finale :
La différence s’impose immédiatement. Non pas parce qu’elle est expliquée, mais parce qu’elle est ressentie.
Cette histoire met en lumière deux enseignements fondamentaux. D’une part, ce que nous voyons du succès n’est jamais le processus, mais uniquement son aboutissement, débarrassé de ses détours, de ses hésitations et de ses versions imparfaites. D’autre part, même lorsqu’un succès semble porter un nom ou un visage, il est presque toujours le fruit d’un effort collectif, rendu possible par l’apport de compétences multiples au bon moment.
Attendre d’avoir une certitude totale avant d’agir revient souvent à confondre discernement et immobilisme. La clarté n’est pas toujours un préalable. Elle est, bien plus souvent, une conséquence. Le véritable piège n’est pas de commencer avec une version imparfaite, mais de croire que le moment Ah! Ha! doit précéder le premier pas.
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Quand les marchés agissent en troupeau
« S’il y a neuf moutons dans un enclos et qu’un d’entre eux s’échappe, combien en reste-t-il ? »
À cette question posée par un enseignant, toute la classe répond spontanément : « Huit. »
Un seul élève ose répondre autrement : « Aucun. »
Devant l’étonnement général, il ajoute simplement : « Vous ne connaissez pas les moutons. »
Cette anecdote, que Charlie Munger, partenaire de longue date de Warren Buffett chez Berkshire Hathaway, aimait raconter et que ce dernier reprenait volontiers, illustre avec justesse une réalité fondamentale du comportement humain : en théorie, la logique paraît implacable, mais en pratique, le comportement collectif tend presque toujours à l’emporter sur le raisonnement individuel.
Les marchés financiers obéissent fréquemment à cette même dynamique. Lorsqu’un narratif s’impose, une majorité d’investisseurs se déplace dans la même direction, non pas parce qu’une analyse approfondie des fondamentaux a été refaite collectivement, mais parce que le mouvement devient dominant, rassurant et difficile à ignorer.
Il y a encore peu de temps, l’enthousiasme se concentrait presque exclusivement autour de la thématique de l’intelligence artificielle, portée par des promesses de ruptures technologiques, de gains de productivité durables et d’occasions présentées comme incontournables. Puis, en l’espace de quelques séances, l’attention collective s’est déplacée vers des inquiétudes géopolitiques, notamment liées à la situation au Groenland, ravivant un climat de prudence et d’incertitude.
Ce qui frappe dans cette succession rapide de thèmes, ce n’est pas tant la nature des sujets eux-mêmes que la vitesse à laquelle ils se relaient. À l’ère de l’information en continu, des réseaux sociaux et des manchettes instantanées, l’humeur du marché peut basculer rapidement, parfois sans que les données fondamentales aient réellement évolué. Le narratif dominant agit alors comme un amplificateur émotionnel, et accentue les mouvements plutôt que de les expliquer.
Le véritable risque apparaît lorsque cette humeur collective devient la boussole principale des décisions d’investissement. Acheter parce qu’un thème est populaire ou réduire son exposition parce qu’un sujet anxiogène occupe l’espace médiatique revient à confondre le comportement du troupeau avec une stratégie réfléchie et structurée. Dans ces moments, ce ne sont plus les objectifs de placement, la tolérance au risque ou l’horizon d’investissement qui guident les décisions, mais l’émotion partagée par la majorité.
Or, un processus d’investissement solide repose sur des repères beaucoup plus stables. Il doit être construit à partir d’objectifs clairs, d’une compréhension honnête de sa capacité à traverser les fluctuations et d’un horizon de placement cohérent avec ces éléments. Ces fondations ne devraient pas varier au rythme des narratifs dominants, car elles constituent précisément l’ancrage permettant de traverser les phases d’euphorie comme les périodes de doute sans perdre le cap.
L’anecdote des moutons nous rappelle ainsi une leçon essentielle. Comprendre le comportement du troupeau est utile, mais savoir s’en distancier lorsque nécessaire demeure souvent la condition pour investir avec discipline et discernement.
En Bourse, l’indépendance d’esprit n’est pas une posture intellectuelle : c’est une condition de survie.
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Les 7 R : le système simple pour tenir vos bonnes résolutions toute l’année
En ce début d’année, nombreux sont ceux qui ont pris de bonnes résolutions : bouger davantage, mieux manger, ralentir, prendre soin de soi. Les intentions sont sincères, parfois même enthousiasmantes. Puis, quelques semaines plus tard, une question surgit : que reste-t-il vraiment de ces élans du 1er janvier ?
Car le véritable défi n’est pas de prendre une résolution, mais de la maintenir dans le temps, lorsque l’enthousiasme retombe et que le quotidien reprend ses droits. Ce n’est pas tant la volonté qui fait défaut que le système pour la soutenir. C’est ici qu’intervient le cadre des 7 R, proposé par Russ Harris, auteur du livre Le piège du bonheur. Il s’agit d’un outil simple et concret pour transformer une bonne intention en habitude durable.
1- Rappeler
Vous devez vous rappeler régulièrement pourquoi cette résolution est importante pour vous. Un rappel sur votre téléphone, un fond d’écran, un vision board ou une note bien visible permet de garder votre intention présente malgré le tourbillon du quotidien. Une question peut servir de boussole : « En quoi cette résolution améliore-t-elle ma vie ou celle des autres ? ». Plus cette raison est claire, plus il devient difficile d’abandonner en cours de route.
2- Recenser
On dit souvent que ce qui se mesure s’améliore. Observer ses comportements sans jugement permet d’ajuster le tir plutôt que de se décourager. Faire un suivi simple, comme cocher les jours où vous avez marché, cuisiné, lu, médité ou posé une action qui cadre avec vos valeurs, renforce la constance. Ce n’est pas un examen, mais un miroir qui soutient le progrès, non le jugement.
3- Récompenser
Au début, la motivation n’est pas toujours au rendez-vous. Célébrer les petites victoires devient alors essentiel. Maintenir une résolution pendant une semaine, puis un mois, peut mériter un massage, un moment pour soi, une sortie ou un plaisir choisi d’avance. À condition que la récompense soit cohérente avec l’objectif poursuivi, elle renforce l’envie de continuer et ancre l’idée que tenir le cap est bénéfique.
4- Ritualiser
Nos journées se déroulent largement sur le pilote automatique. C’est à la fois leur force et leur piège. Une stratégie efficace consiste à greffer un nouveau rituel à une habitude déjà installée. Après le café du matin, lire quelques pages. En rentrant du travail, enfiler directement ses chaussures de marche. L’objectif étant que la résolution cesse d’être un effort conscient pour devenir un réflexe.
5- Relations
Rendre compte de ses progrès à quelqu’un change tout. Que ce soit par courriel, lors d’un appel, dans un groupe ou avec un partenaire d’imputabilité pour courir, lire ou jouer au pickleball, le lien social augmente l’engagement. On persévère plus facilement lorsque quelqu’un nous soutient ou nous demande simplement comment cela se passe.
6- Réfléchir
Prévoir régulièrement du temps pour faire le point. Suis-je encore en harmonie avec mon intention ? Qu’est-ce qui fonctionne ? Qu’est-ce qui fait obstacle ? Quels ajustements puis-je apporter sans culpabilité ? Cette réflexion évite l’abandon silencieux et transforme la résolution en un processus vivant, capable d’évoluer plutôt que de se briser.
7- Réaménager l’environnement
Comme le rappelle James Clear, auteur de Atomic Habits, une bonne habitude doit être évidente et facile à exécuter, tandis qu’une moins bonne doit être invisible et difficile d’accès. Avoir un bol de fruits bien en vue, préparer ses vêtements de sport la veille ou placer un livre sur l’oreiller sont de simples ajustements aux effets puissants. À l’inverse, éviter certaines tentations ou les ranger hors de vue réduit les décisions impulsives.
En résumé, il n’existe pas de conseil magique pour tenir une résolution, seulement un système à mettre en place. Les objectifs, la motivation et la discipline comptent, mais demeurent fragiles sans une structure pour les soutenir. Comme le résume James Clear : « You do not rise to the level of your goals. You fall to the level of your systems. »
Et si, cette année, plutôt que de compter uniquement sur votre volonté, vous choisissiez une résolution importante, puis construisiez autour d’elle votre propre système des 7 R ?
Crédit image : ChatGPT