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Le courage d’assumer ses priorités
Nous parlons souvent d’équilibre comme s’il s’agissait d’une vertu absolue, d’une preuve de maturité, comme si une vie réussie consistait à maintenir toutes ses sphères parfaitement alignées en permanence, sans qu’aucune ne prenne davantage d’espace qu’une autre. L’intention est noble puisqu’elle cherche à éviter l’épuisement et à préserver ce qui compte réellement, mais à force d’ériger l’équilibre en idéal, nous avons progressivement créé une pression plus subtile, celle de devoir réussir sans trop s’investir, ambitionner sans intensité visible et progresser sans jamais laisser paraître de déséquilibre.
Or, toute progression réelle exige que l’on accepte, à certains moments, de redéfinir clairement ses priorités et d’en assumer pleinement les conséquences.
Brad Stulberg, qui s’intéresse à la performance durable, rappelle que la croissance ne s’inscrit pas dans une stabilité linéaire, mais bien dans une succession de cycles où l’intensité et la récupération coexistent et se répondent. Les athlètes alternent les phases de surcharge et de repos, les saisons se succèdent sans chercher à se ressembler, et la nature elle-même ne tente jamais d’uniformiser ses périodes les plus exigeantes, elle les traverse avec cohérence.
Avec l’arrivée du printemps, j’entre moi aussi dans une phase plus exigeante, une période où l’essentiel de mon énergie sera orienté vers la préparation des examens menant au titre de planificateur financier. En 2022, j’ai échoué à cette épreuve, une expérience à la fois déstabilisante et profondément formatrice qui m’a obligé à revoir ma façon d’aborder mes priorités. J’ai compris que certains objectifs ne se réalisent pas en périphérie de notre attention, mais qu’ils exigent d’en devenir le centre, au moins pour un temps, avec tout ce que cela implique sur le plan des choix et des renoncements.
Je choisis donc d’assumer cette intensité avec lucidité et intention, non pas comme un déséquilibre subi, mais comme l’expression d’une priorité clarifiée et pleinement assumée dans le temps.
Nous opposons souvent obsession et équilibre comme s’ils étaient incompatibles, alors que toute réalisation significative requiert une forme d’engagement profond, soutenu et volontaire, qui peut s’apparenter à une obsession maîtrisée lorsqu’elle est alignée avec des valeurs claires et inscrite dans une durée limitée. Le véritable risque ne réside pas dans l’intensité elle-même, mais dans l’absence de rythme, dans cette illusion que l’on pourrait demeurer en permanence dans un état d’effort maximal sans jamais revenir vers une forme d’équilibre plus large.
La notion de saisonnalité apporte ici une perspective plus juste et plus humaine, puisqu’elle ne glorifie ni l’épuisement ni la dispersion, mais reconnaît simplement qu’il existe des périodes pour approfondir et d’autres pour élargir. L’équilibre ne se définit pas comme un état figé que l’on devrait maintenir en tout temps, mais comme le résultat d’un mouvement conscient, d’une alternance assumée entre engagement total et retour au centre.
À vouloir demeurer constamment parfaitement équilibrés, nous risquons surtout de rester en surface et de ne jamais accorder à nos projets l’espace qu’ils méritent réellement pour se déployer pleinement.
Ce printemps sera donc une saison d’effort structuré et d’intensité réfléchie, une période choisie et assumée dans laquelle je concentre volontairement mon énergie. Lorsque juin sera derrière moi, je reviendrai vers un rythme plus large, non pas avec la sensation d’avoir sacrifié l’équilibre, mais avec celle d’avoir honoré une priorité qui méritait toute mon attention.
L’équilibre n’est pas l’absence de tension, c’est la capacité de choisir où la concentrer, et pour combien de temps.
Source :
Brad Stulberg. The Way of Excellence. HarperOne, 2026.
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Quand le temps imparfait prend de la valeur
Il est 9 h 10.
Une rencontre virtuelle débute à 9 h 30.
Mon premier réflexe est de me dire que je n’ai pas assez de temps pour que ça vaille la peine de me plonger dans un projet important. Vingt minutes, ce n’est pas suffisant. Alors, presque automatiquement, je me tourne vers les réseaux sociaux ou je m’occupe de détails sans réelle valeur. Le temps passe, sans laisser de trace.
C’est exactement ce que remet en question le concept de « penser en minutes », proposé par Matthew Dicks, auteur du livre Someday Is Today. Ces vingt minutes ne sont peut-être pas suffisantes pour terminer un projet, mais elles sont largement suffisantes pour le faire avancer. Et cette nuance change tout.
Nous avons tendance à surestimer l’importance des longues plages horaires parfaites et, à l’inverse, à sous-estimer la valeur des petites fenêtres imparfaites. Pourtant, ce sont souvent ces moments coincés entre deux rencontres qui déterminent si un projet progresse réellement ou demeure à l’état d’intention.
J’aime beaucoup l’analogie des confettis. Un seul confetti est insignifiant. Il ne capte l’attention de personne. Mais lorsqu’ils s’accumulent, les confettis créent quelque chose de vivant, de mémorable. Le temps fonctionne exactement de la même façon. Dix minutes ici, quinze minutes là, vingt minutes avant une réunion. Pris isolément, ces moments semblent anodins. Additionnés sur une semaine, un mois ou une année, ils deviennent un véritable levier.
Le vrai piège, c’est d’attendre le moment idéal. Commencer à 9 h pile. Après le dîner. Lundi matin. Dès que la fenêtre est imparfaite, on la met de côté. On se promet d’y revenir plus tard. Et bien souvent, ce moment parfait n’arrive jamais.
L’idée est simple : abandonner cette attente et se poser une question beaucoup plus utile. Qu’est-ce que je peux faire de pertinent avec le temps que j’ai maintenant ? Relire une page. Structurer une idée. Écrire quelques lignes. Clarifier un plan. Ce n’est rien de spectaculaire, mais ces petites actions s’additionnent.
Ce réflexe ne s’arrête pas au travail en profondeur. Il s’applique aussi très concrètement à la planification des rencontres. Plutôt que de se fier machinalement aux durées proposées par défaut dans Outlook, 30 ou 60 minutes, pourquoi ne pas ajuster la rencontre à son besoin réel ? Si un échange peut être réglé en 20 minutes, tant mieux. Le temps dégagé devient alors une occasion d’avancer sur ce qui compte vraiment.
Au fond, il ne s’agit ni d’optimiser chaque seconde ni de vivre sous pression. Il s’agit de reconnaître la valeur de ces petits blocs de temps que l’on méprise trop souvent. Le temps imparfait ne demande pas à être sauvé, seulement à être utilisé.
Source :
Matthew Dicks. Someday is Today: 22 Simple, Actionable Ways to Propel Your Creative Live, Recorded Books, 2022.
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ChatGPT
Le point sur la situation en Iran et ses impacts sur les marchés
Desjardins Courtage en ligne vous invite à une webdiffusion pour faire le point sur la situation géopolitique en Iran et ses répercussions sur le pétrole et les marchés financiers.
Alors que la situation évolue rapidement, cette présentation vous aidera à mieux comprendre la réaction des marchés en temps réel et à prendre du recul face au flot d’informations parfois contradictoires. Nous en profiterons également pour partager des conseils pratiques, autant pour l’investisseur que pour le négociateur actif.
J’aurai la chance d’y participer en tant que conférencier aux côtés de Steve Deschesnes, et une période de questions est également prévue.
Mercredi 8 avril, de 12 h à 13 h
Activité gratuite. Inscription requise via le lien d’inscription.
Au plaisir de vous compter parmi nous !
Une journée pour goûter à l’expérience des marchés
Le 11 avril prochain, j’aurai le plaisir de participer à la 3ᵉ édition de la Simulation boursière organisée par le module des sciences de l’administration de l’Université du Québec à Rimouski, au campus de Rimouski.
Lors de cette activité, les participants seront invités à se projeter en 2033 et à prendre des décisions de négociation dans un environnement de marché simulé reflétant les grandes tendances économiques. Analyse des marchés, prise de décisions en temps réel et gestion du risque seront au cœur de cette expérience immersive.
Au cours de la journée, j’aurai la chance d’être présent à titre de mentor afin d’épauler les participants durant les séances de négociation active. En après-midi, j’animerai également un atelier de retour sur la simulation afin de revisiter certaines décisions prises, de discuter des biais qui peuvent influencer le jugement et de dégager les principaux apprentissages de l’exercice.
Au-delà des graphiques et des modèles, négocier en Bourse demeure avant tout une question de jugement, de discipline et de gestion des émotions. Des initiatives comme celle-ci permettent de goûter concrètement à l’expérience des marchés et de développer un intérêt durable pour l’univers boursier.
Pour permettre à davantage de personnes de vivre cette expérience, je ferai également tirer 5 billets d’une valeur de 40 $ chacun.
Pour participer au tirage, il suffit de m’écrire en privé d’ici le vendredi 3 avril et de m’expliquer brièvement pourquoi vous aimeriez prendre part à l’événement.
Les gagnants seront annoncés le mardi 7 avril. Je communiquerai directement avec les personnes sélectionnées pour leur transmettre la bonne nouvelle.
Au plaisir d’échanger avec celles et ceux qui souhaitent découvrir et mieux comprendre l’univers de la Bourse!