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Vivre plus longtemps en souriant ?
Une étude pionnière portant sur des joueurs de baseball américains évoluant en 1952 a laissé entrevoir un lien potentiel entre l’expression faciale et la longévité. Les chercheurs ont analysé les photos de 230 joueurs, répartis en trois groupes : ceux arborant un visage neutre, un léger sourire ou un sourire complet. Les résultats sont surprenants : les joueurs qui ne souriaient pas vivaient en moyenne jusqu’à 73 ans, ceux avec un léger sourire atteignaient 75 ans, tandis que les sourires radieux étaient associés à une vie plus longue, avec une moyenne de 80 ans.
Cette corrélation entre sourire et longévité a alimenté des titres promettant que le secret d’une vie plus longue résidait peut-être simplement dans le sourire. Mais avant de sourire à pleines dents, il est essentiel de s’interroger sur la robustesse de cette étude.
Bien que cette étude ait été publiée dans une revue scientifique de premier plan et validée par une évaluation par les pairs, elle n’a pas résisté à l’épreuve du temps. Quelques années plus tard, des chercheurs ont tenté de reproduire les résultats avec un échantillon plus large. Or, ils n’ont trouvé aucune preuve solide reliant le sourire en photo à une espérance de vie prolongée.
Cet échec de réplication met en lumière un défi courant dans les sciences humaines : il est souvent difficile de reproduire certains résultats isolés. Cela nous rappelle l’importance d’aborder toute étude avec un esprit critique, même celles validées par des pairs ou publiées dans des revues renommées. Ce scepticisme est essentiel pour bien comprendre la véritable portée des recherches scientifiques.
Cette même vigilance est cruciale dans notre vie quotidienne, notamment face aux promesses alléchantes qui envahissent les réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de méthodes miracles pour réussir financièrement, de régimes promettant des transformations rapides ou de solutions instantanées pour atteindre le bonheur, il est facile de se laisser séduire par des récits convaincants. Cependant, il est indispensable de prendre du recul.
Avant de céder à de telles offres, il faut se poser les bonnes questions : les résultats sont-ils vraiment basés sur des faits vérifiables ? Peuvent-ils être reproduits dans d’autres circonstances ? Ou bien, la personne qui les propose a-t-elle simplement eu de la chance et tente-t-elle de vous vendre cette réussite comme une vérité universelle ?
Rappelez-vous qu’une promesse alléchante n’est jamais gage de succès assuré. Ce qui semble fonctionner pour une personne pourrait ne pas marcher pour vous. La vérification systématique de la solidité des preuves et de la crédibilité des sources est une approche sage. Un engagement réfléchi et une analyse rigoureuse vous éviteront des déceptions et vous protégeront de décisions hâtives. En cultivant cette approche critique, vous saurez éviter les pièges des offres trop belles pour être vraies, et vous serez mieux préparé à faire des choix éclairés et responsables.
Source :
Susan A. Nolan et Michael Kimball. The Power of Replication: A Study of Baseball Card. Psychology Today, 28 septembre 2022.
Crédit image : Sébastien Bolduc

Quand vos croyances deviennent plus puissantes que la réalité
En 1980, Robert Kleck, psychologue au Dartmouth College, a mené une expérience fascinante avec un groupe d’étudiants. La moitié d’entre eux ont été convaincus qu’un maquilleur leur avait dessiné une large cicatrice sur le visage avant de participer à une série d’entretiens. Mais, à leur insu, cette cicatrice a été retirée avant qu’ils ne rencontrent les intervieweurs.
Le résultat ? Malgré l’absence de cicatrice, ceux qui pensaient en avoir une ont rapporté un sentiment de malaise et une impression que les intervieweurs les traitaient différemment. Ils se sentaient jugés et observés, et ont interprété les réactions des intervieweurs à travers ce filtre, percevant des signes de gêne ou de malaise dans chaque interaction. À l’inverse, ceux qui se croyaient d’apparence normale n’ont rien ressenti de tel. Une simple croyance avait suffi à altérer leur perception… et leur comportement.
Cette étude nous confronte à une vérité troublante : nos croyances peuvent modeler nos expériences davantage que la réalité. Lorsque nous nous emprisonnons dans nos peurs et nos doutes, nous finissons par les projeter autour de nous, transformant des menaces invisibles en obstacles bien réels.
Mais imaginez : si une cicatrice imaginaire a le pouvoir de faire vaciller notre confiance, qu’en est-il des autres croyances limitantes que nous portons inconsciemment ? Et si, au lieu de voir en chaque échec une fatalité, nous choisissions de les considérer comme une occasion de grandir ? Si nous cessions de nous définir par ce que nous percevons comme des faiblesses ?
Il serait naïf de croire que nous contrôlons tout. La vie est injuste, et des circonstances échappent à notre emprise. Mais c’est là que réside notre véritable pouvoir : dans la manière dont nous choisissons de réagir à une situation, de l’interpréter et de nous en relever. Ce n’est pas le poids de la cicatrice qui freine, mais celui que nous lui attribuons.
En nous libérant de la « mentalité de victime », nous arrêtons de chercher les raisons externes à nos échecs; nous reprenons le contrôle, car tout changement significatif commence à l’intérieur. C’est un choix : celui de voir au-delà des illusions, de briser les chaînes invisibles de nos croyances limitantes et de réécrire l’histoire que nous nous racontons sur nous-mêmes.
L’expérience de la cicatrice de Dartmouth est un rappel puissant que nos croyances peuvent soit nous piéger, soit nous propulser vers une version de nous-mêmes que nous n’aurions jamais cru possible. Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez freiné par une « cicatrice » invisible, posez-vous la question : est-ce la réalité… ou est-ce ce que vous avez choisi de croire ?
Votre perception définit votre réalité. Reprenez le contrôle. Faites disparaître cette cicatrice et avancez avec la conviction que vous êtes plus fort que vous ne l’imaginez.
Votre choix. Votre pouvoir.
Source :
Sahil Bloom. Victim Mentality, Energy Creators, & More. Sahil Bloom’s Curiosity Chronicle, 4 octobre 2024.
Crédit image : Depositphotos

Embrasser les possibilités : tourner son regard vers l’avenir
Nous avons souvent tendance à ruminer les lignes noires du passé : les chemins que nous n’avons pas empruntés, les occasions manquées, celles qui nous ont échappé.
Pourtant, comme le rappelle Tim Urban, auteur du blogue Wait But Why, beaucoup d’entre nous sous-estiment l’immense étendue de l’arbre vert et luxuriant qui s’offre à nous.
Il nous encourage à délaisser les regrets du passé pour explorer les opportunités qui se dessinent, nous incitant à envisager l’avenir avec assurance et optimisme.
Plutôt que de ressasser ce qui aurait pu être, pourquoi ne pas saisir ces nouvelles possibilités et avancer avec détermination vers un avenir riche de promesses ?
Source :
Tim Urban. Monthly reminder about that big green tree. Wait But Why. Réseau social X, 21 juin 2021.

L’arbre de mentorat : cultiver l’épanouissement des autres
Aujourd’hui, alors que je célèbre mon 50e anniversaire, je prends un moment pour réfléchir à ce qui donne véritablement un sens à ma vie. En passant en revue mes réalisations et les défis que j’ai surmontés, ce qui me marque avant tout, c’est l’importance des personnes qui m’ont soutenu et que j’ai eu la chance d’encourager à mon tour.
Dans le monde du sport, il existe un concept fascinant appelé coaching tree, popularisé par l’auteur Ryan Holiday. Ce concept décrit l’influence d’un mentor ou d’un entraîneur à travers les personnes qu’il a découvertes, formées et inspirées, ainsi que la manière dont ces dernières s’épanouissent ensuite dans leur propre carrière. Une figure emblématique de ce concept est Gregg Popovich, l’un des plus grands entraîneurs de l’histoire de la NBA (National Basketball Association). Son héritage va bien au-delà des cinq championnats qu’il a remportés : c’est en regardant le succès de ses protégés que son impact est le plus visible.
À une certaine époque, près de 30 % des entraîneurs de la NBA avaient travaillé sous sa direction. Popovich a façonné des légendes telles que Tim Duncan, Tony Parker et Kawhi Leonard. Mais plus important encore, il a offert à des personnes comme Becky Hammon, première femme à devenir entraîneuse adjointe au sein de la NBA, l’occasion de se démarquer. Chacune des personnes qu’il a encadrées a tracé sa propre voie et, à leur tour, ces individus en ont aidé d’autres à grandir.
Cette idée me touche profondément, car elle met en lumière un principe universel : nous avons tous le potentiel d’influencer positivement ceux qui nous entourent. Chaque geste de soutien, chaque conseil partagé, chaque moment consacré à encourager autrui est une graine que nous semons. Éventuellement, ces graines germent et poussent pour voir apparaître un arbre solide, un arbre de mentorat qui ne cesse de croître et de porter ses fruits.
En cette journée particulière, je me rends compte que l’essentiel ne réside pas tant dans nos réussites personnelles que dans ce que nous faisons pour les autres. Avec le temps, nos succès s’estompent, mais l’empreinte que nous laissons dans la vie d’autrui demeure.
Comme l’a montré Gregg Popovich avec son héritage, j’espère que mes actions, même modestes, pourront inspirer à leur manière. L’entraide, le soutien et les encouragements parsèment un chemin enrichissant que je souhaite emprunter encore longtemps. Il suffit parfois de semer de petites graines de bienveillance et de laisser le temps faire son œuvre.
À 50 ans, je choisis de rester sur cette voie. Je continuerai à offrir ma contribution, aussi simple soit-elle, dans l’espoir qu’elle puisse aider les autres à s’épanouir. Ce sont souvent les gestes les plus discrets qui ont l’impact le plus durable. Après tout, c’est dans ces petits moments, ces gestes sincères du quotidien, que je trouve un vrai sens à ma vie et ma plus grande satisfaction !
Source :
Ryan Holiday. Right Thing, Right Now: Good Values. Good Character. Good Deeds. Portfolio, 2024.
Crédit image: Depositphotos