Blogue
Quand le doute bourdonne comme un moustique
Tu t’endors tranquillement. L’air est frais, la chambre paisible. Tes yeux se ferment, et tout semble parfaitement calme. Puis, un son léger vient gratter le silence : un moustique bourdonne près de ton oreille. Rien qu’un petit insecte et, pourtant, impossible de l’ignorer. En une fraction de seconde, ton corps réagit : tu bouges, tu chasses, tu te lèves s’il le faut. Tu ne réfléchis pas, tu agis. C’est instinctif.
Curieusement, il n’en va pas de même avec le doute. Quand une pensée intrusive surgit, elle se déploie sans bruit, mais avec insistance :
– « Je ne suis pas assez bon. »
– « Et si je me ridiculisais ? »
– « Ça va mal tourner. »
Ces phrases n’ont rien de concret, mais elles nous perturbent plus qu’un insecte. Elles ne percent pas la peau, mais elles percent la confiance. Elles ne piquent pas le corps, mais elles paralysent parfois l’action. Et au lieu de les repousser aussitôt, nous les laissons tourner dans nos têtes, jusqu’à nous voler notre énergie et parfois même nos rêves.
Pourtant, le doute n’est qu’un bruit mental. Comme le moustique, il ne fait que bourdonner. Il paraît dangereux, mais il n’a de pouvoir que si tu le laisses tourner autour de toi. Et la psychologie a ciblé trois gestes simples pour couper son élan.
1. Le Stop mental
Quand le moustique approche, tu réagis. Avec le doute, c’est pareil. Le « Stop mental » consiste à dire intérieurement « Stop ! » dès que la pensée apparaît. Ce mot agit comme une barrière, il interrompt le cycle automatique. Ajoute un geste — claquer des doigts, serrer ton poing — et tu renforces la coupure. Tu mets un terme au bruit, tu crées une brèche. Et dans cette brèche, tu reprends le contrôle.
2. La pensée alternative
Si tu ignores le moustique, il revient. Si tu ignores le doute, il s’impose. Il faut lui substituer une autre fréquence. La pensée alternative, c’est transformer : « Je vais échouer » en « J’ai déjà surmonté pire, je saurai m’adapter. » Ce n’est pas une illusion, c’est un rappel. Tu choisis de mettre de l’avant tes réalisations plutôt que tes peurs.
3. Le recadrage cognitif
Dans l’obscurité, le moustique semble énorme, envahissant. Mais à la lumière, ce n’est qu’un petit insecte. Le recadrage cognitif, c’est allumer la lumière de l’esprit. C’est distinguer la réalité de l’interprétation.
– Fait : j’ai un défi devant moi.
– Interprétation : je vais tout rater.
Ces simples gestes réduisent l’angoisse. Le problème n’est plus écrasant, il devient proportionné.
Voilà le secret : le doute ne dit pas la vérité, il ne fait que bourdonner. Il s’installe seulement si tu l’écoutes.
Alors, la prochaine fois qu’il viendra troubler ton esprit, agis comme tu le fais face au moustique : arrête-le net, change la fréquence, recadre sa taille.
Le doute n’est pas ton maître. Ce n’est qu’un moustique. Bruyant, agaçant, persistant, mais inoffensif, dès que tu choisis de le chasser.
Sources :
Ces trois stratégies — le Stop mental, la pensée alternative et le recadrage cognitif — s’appuient sur les travaux de :
-Aaron T. Beck, psychiatre américain, fondateur de la thérapie cognitive et père de la TCC.
-Judith S. Beck, psychologue clinicienne, auteure et formatrice, qui a diffusé la TCC dans la pratique moderne.
-Albert Ellis, psychologue, créateur de la thérapie rationnelle-émotive, centrée sur la transformation des croyances irrationnelles
L’importance de la discipline et de la gestion émotionnelle pour bâtir la richesse
Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir davantage sur mon parcours et qui s’intéressent à la croissance personnelle, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Mary Hagerman dans un épisode de balado que je vous invite à écouter.
Merci à Mary pour ce bel échange et bonne écoute !
Le test de l’achat statutaire
Nous vivons dans une société où l’apparence occupe une place immense. Les réseaux sociaux et la comparaison constante accentuent cette pression invisible : acheter pour être vu, reconnu ou envié. Mais à force de courir après le regard des autres, le prix réel d’un achat dépasse souvent celui affiché : perte de liberté, de sérénité et parfois même de sens.
Dans son livre The 5 Types of Wealth, Sahil Bloom propose un outil simple pour prendre le recul nécessaire avant de sortir sa carte de crédit : le test de l’achat statutaire. La question est directe :
Achèteriez-vous ce bien si vous ne pouviez en parler à personne ?
Nous croyons acheter pour nous-mêmes. En vérité, c’est souvent la validation des autres que nous tentons d’acheter. Et cette satisfaction que l’on ressent sur le coup est fragile. Car il y aura toujours plus grand, plus luxueux, plus impressionnant. La comparaison ne connaît pas de fin.
Le vrai test consiste à déterminer si l’achat garde de la valeur dans le silence. S’il continue de nourrir votre bien-être même quand personne ne le voit, c’est qu’il correspond à un besoin authentique et durable.
La vraie richesse ne se mesure pas à ce que l’on peut montrer aux autres. Elle se trouve dans ce qui compte encore quand personne ne regarde.
Source :
Sahil Bloom’s Curiosity Chronicle. Everything I’ve Learned About Money—34 Lessons, 27 août 2025.
Crédit image : Depositphotos
Le véritable luxe : apprendre à investir autrement
Aujourd’hui, alors que je souffle mes bougies, je prends un moment pour réfléchir à ce que signifie vraiment le luxe. Avec les années, j’ai compris qu’il ne se résume ni aux possessions ni au statut. Le véritable luxe, c’est ce privilège discret, mais immense d’être encore en vie et de pouvoir choisir où investir son énergie et son temps, et comment définir ses priorités.
James Clear, l’auteur d’Atomic Habits, partageait récemment une statistique saisissante : depuis l’aube de l’humanité, environ 108 milliards de personnes ont vécu sur cette Terre; 93 % d’entre elles ne sont plus là. Être vivant aujourd’hui, c’est appartenir à une minorité exceptionnelle. Chaque journée n’est pas une routine automatique, mais un crédit unique de 86 400 secondes. C’est un capital qu’aucune banque ne permet d’épargner et qu’il faut investir intégralement avant minuit.
En 2027, j’aurai cumulé 25 années de carrière en finance. J’aurai aussi 53 ans. Pas forcément un tournant, mais un jalon qui me donnera l’occasion de réfléchir autrement à la façon dont je souhaite déployer ce temps qui m’est confié. J’ai donc décidé de prendre une année sabbatique.
Pas pour arrêter. Mais pour ralentir.
Pour explorer de nouveaux horizons.
Découvrir. Apprendre.
Savourer pleinement les petits et grands moments de la vie.
Je ne sais pas encore à quoi ressemblera cette année, et c’est précisément ce qui me stimule : me laisser guider par mes envies, mes rencontres et mes inspirations. Peut-être consacrer du temps à l’écriture, parcourir un pays encore inconnu, ou multiplier les expériences inédites. Peut-être aussi revenir à l’essentiel : marcher en nature, partager davantage de moments en famille, revoir des amis de longue date.
Cette décision a pris racine dans la lecture d’un livre marquant : Die with Zero de Bill Perkins. Son message est limpide : les expériences sont les seuls investissements dont le rendement est garanti. Contrairement aux actifs financiers, elles ne subissent ni volatilité ni correction. Elles versent, année après année, des dividendes de bonheur. Chaque souvenir devient un capital qui s’apprécie avec le temps. Chaque moment partagé avec Nadine ou mes proches génère un revenu émotionnel récurrent et durable.
Cette année sabbatique ne sera pas une parenthèse, mais une stratégie d’investissement différente. Une façon de diversifier mon portefeuille de vie : placer davantage dans la santé, la curiosité, les relations humaines et la découverte.
Aujourd’hui, je souffle mes bougies avec gratitude et clarté. Le temps est la seule ressource non renouvelable. Le véritable luxe ne se mesure pas en biens accumulés, mais en expériences choisies.
Alors je me pose cette question et je vous la renvoie :
Et si nous réalisions notre plus bel investissement dès aujourd’hui ?
Source :
Bill Perkins. Die With Zero: Getting All You Can from Your Money and Your Life. Mariner Books, 2021.
Crédit image : Depositphotos