Imaginez qu’une entreprise cotée en Bourse ait découvert un traitement révolutionnaire capable de vous faire vivre plus longtemps.
Un traitement qui améliore la mémoire, stimule la créativité, aide à maintenir un poids santé et réduit les risques de cancer, de diabète, de crise cardiaque, d’AVC et même de dépression.
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La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de débourser un sou pour l’obtenir. Ce « traitement » existe déjà : le sommeil.
Malheureusement, pour plusieurs personnes, dormir n’est pas aussi simple que ça devrait l’être. N’importe qui peut traverser une mauvaise nuit et c’est parfaitement normal. Une période plus stressante, une inquiétude ou un changement de routine peuvent temporairement perturber le sommeil sans qu’il soit nécessairement question d’insomnie.
Mais à partir de quel moment parle-t-on réellement d’insomnie ?
Une règle du pouce souvent utilisée est celle du 30-30-3-3 :
• Plus de 30 minutes pour s’endormir
• Ou plus de 30 minutes pour se rendormir après un réveil nocturne
• Une situation qui survient au moins 3 fois par semaine
• Depuis au moins 3 mois
Lorsque ces critères sont présents, il ne s’agit plus simplement d’une mauvaise passe.
Le plus difficile avec l’insomnie, c’est qu’elle finit souvent par dépasser le cadre de la nuit. Le manque de sommeil peut nuire à la concentration, à la patience, à la gestion des émotions et même à notre manière d’interpréter les événements du quotidien. Certaines personnes deviennent plus irritables ou anxieuses, alors que d’autres se retrouvent coincées dans des ruminations mentales constantes où chaque pensée semble prendre une ampleur disproportionnée. Une mauvaise nuit devient alors la preuve que la suivante sera tout aussi difficile, ce qui alimente graduellement un cercle vicieux où l’anticipation du manque de sommeil devient elle-même une source de stress.
C’est précisément ce cercle que tente de briser la théorie cognitivo-comportementale de l’insomnie, mieux connue sous le nom de TCCI. Considérée aujourd’hui comme l’une des approches les plus efficaces pour traiter l’insomnie chronique, elle vise à modifier certains comportements, habitudes et croyances qui entretiennent le problème.
La portion cognitive s’intéresse notamment aux pensées automatiques qui apparaissent au moment du coucher. Des phrases comme : « Si je ne m’endors pas rapidement, demain sera un désastre » ou « Je dois absolument dormir huit heures » augmentent souvent la pression associée au sommeil et maintiennent le cerveau en état d’alerte.
La portion comportementale, elle, s’intéresse aux habitudes liées au sommeil. Plusieurs personnes restent longtemps éveillées dans leur lit à tenter de forcer le sommeil, ce qui finit parfois par créer une association entre le lit et le stress plutôt que le repos. L’une des approches les plus surprenantes utilisées en TCCI est d’ailleurs la restriction du sommeil. Même si cela semble contre-intuitif, l’objectif n’est pas de dormir moins, mais plutôt de réduire temporairement le temps passé éveillé au lit afin de réapprendre au cerveau à associer le lit au sommeil.
Le sommeil ne se contrôle pas par la force. Bien souvent, mieux dormir commence plutôt par changer la manière dont on pense et agit face au sommeil.
Cette publication est présentée à des fins éducatives seulement. Je ne suis pas spécialiste de cette question. Si vous croyez souffrir d’insomnie, n’hésitez pas à consulter un professionnel qualifié.
Source :
Matthew Walker. Why We Sleep: unlocking the power of sleep and dreams. Scribner, 2018.
Crédit image :
ChatGPT